Le monde du kilim

Exposition du 8 septembre au 31 décembre 2012

Vernissage le samedi 8 septembre à 18 heures
Lecture le 22 décembre à 17h

Lecture sur des images d’Anatolie La Poussière du monde

par Sylvia Lipa-Lacarrière

Vézelay

A L’Ame Enchantée

…Les kilims : mémoires des mains féminines, mémoire tissée et retissée depuis des siècles. Le kilim est, avec les poteries, la preuve la plus ancienne et la plus remarquable de la pérennité des traditions anatoliennes. Il est au sens propre du terme le fil d’Ariane, le fil chatoyant par lequel une culture s’affirme unique, irremplaçable.
J.L.

Librairie l’Ame Enchantée, 11 rue St Etienne 89450
Ouvert tous les jours sauf lundi de 10h30 à 13h et de 14h30 à 18h30

Une des plus vieilles villes du monde, Catal Hühük dont le niveau le plus ancien date du VIIe millénaire avant J.-C., a été découverte en Anatolie. Dans cette ville, on a mis à jour des peintures murales représentant des motifs de kilims identiques à ceux que les femmes tissent encore aujourd’hui dans les villages alentours.

Au XIIIe siècle ce qui surgissait de la trame du métier, ce qui se formait et s’historiait à mesure qu’avançait le dessin, c’étaient des gestes cérémonieux, de grands appels figés montrant les terreurs d’antan mais aussi les espoirs de ces temps incertains, bras levés et tendus vers le ciel ou le sol pour faire venir la pluie ou pour chasser l’orage, pour écarter le loup ou attirer le buffle, féconder le ventre des femmes ou les entrailles de la terre. Tout cela avec des couleurs bistres, ocres, jaunes et rouges, palettes de ces terres rudimentaires qui venaient ici mêler leur limon à la laine pour y inscrire des talismans contre la mort.

Le kilim n’est pas un tapis à proprement parlé mais un tissage de basse lice fait de fils de trames et de fils de chaîne non noués. De toute évidence, ni le mot ni la chose ne sont d’origine turque et c’est pourquoi des principaux motifs des kilims – qui servent de tapis de prière mais aussi de tentures, de portières de tente, de sacs à blé – remontent aux stades les plus anciens de la culture anatolienne. Le principal, le plus courant de ces motifs est celui que l’on nomme « les mains sur les hanches ». Il représente – extrêmement stylisé – la silhouette d’une femme une main sur chaque hanche. Comme on trouve déjà cette silhouette sur les vieux vases anatoliens, on peut penser qu’elle représente la Terre-Mère et qu’elle symbolise la fécondité féminine. On trouve aussi parmi ces motifs anciens les « têtes d’oiseaux affrontés » ou « les têtes d’oiseaux tête-bêche », motifs qu’on surnomme en turc « les amoureux face à face » et « les amoureux fâchés ». Ce motif figure surtout sur les kilims destinés à la dot des jeunes mariés et signifie bonheur ou protection contre les disputes. Plus curieux et très poétiques sont les dessins d’empreintes : pas de loup, griffes de chat, pattes d’oiseaux. Ainsi que celui de l’Arbre de Vie qui vient de très loin lui aussi, peut-être même de l’Eden qui se trouvait, semble-t-il aux portes de l’Anatolie ! Selon les régions et selon les ethnies, quantités d’autres motifs virent le jour et s’ajoutèrent à ces premiers symboles traditionnels : l’étoile arménienne à huit branches, l’œil (contre le mauvais œil), la tête de taureau, les cornes de bélier, l’épi de blé, la rose, la tulipe (qui est une fleur originaire d’Anatolie), la svastika (croix gammée), la tente, le mihrab. Etudier, déchiffrer ces motifs souvent millénaires, c’est remonter aux sources mêmes du temps anatolien et c’est aussi effectuer un fabuleux voyage dans l’imaginaire des différentes ethnies. Bien que stylisées à l’extrême, ces figures disent bien par leur sujet l’univers quotidien de ceux qui les conçurent : loup, oiseaux, blé, fleurs, étoiles. Les kilims se haussent au niveau d’un monde héraldique, analogue à celui des armoiries et des blasons du Moyen Age, dans lequel s’imaginent à la fois un paysage, une flore, une faune, une histoire, et aussi des peurs et des désirs. On y lit la crainte de la mort, le désir de la fécondité ; On y lit – on y entend, dirais-je – des appels silencieux à la fertilité du sol, à celle du ventre féminin, à la protection des esprits et du ciel, à la complicité des végétaux, des animaux. C’est un univers austère et pauvre sur le plan matériel où l’abondance est toujours menacée et la famine toujours proche, mais dont la pauvreté est compensée par la richesse des symboles. De la rose aux étoiles et du loup au dragon, on a les emblèmes vitaux des communautés nomades d’Anatolie qui, à partir d’une simple toison animale, surent dresser contre le destin ces fils, ces réseaux, ces figures de protection et de lumière.
Jacques Lacarrière

Les kilims exposés proviennent de Kilims A.D.A La société ADA est la spécialiste des kilims et des arts décoratifs d’Anatolie. Elle accompagne souvent les spectacles autour de Jacques Lacarrière et la Turquie en assurant les décors. ADA est dirigée par Ahmet Diler et Marc-Antoine Gallice.

Déjeuner chez Vénus Khoury-Ghata

Une longue et belle amitié unissait Vénus Khoury-Ghata et Jacques Lacarrière qui se sont retrouvés à plusieurs occasions en poésie, notamment lors d’une soirée autour de Jacques à la Maison de la Poésie.

Sylvia Lacarrière est heureuse de faire revivre ce lien en disant les poèmes de Vénus au cours de cette émission de France Culture consacrée à cette grande voix libanaise de la poésie francophone.
A ne pas manquer.

Un documentaire de Valérie Marin La Meslée réalisé par Thomas Dutter.
France Culture
17h-18h Sur les Docks
mardi 6 novembre 2012

Les déjeuners de Vénus Khoury-Ghata, poétesse et romancière libanaise installée à Paris depuis quarante ans, signent singulièrement la vie littéraire parisienne. Ils réunissent informellement écrivains, poètes, éditeurs, critiques littéraires, artistes, conviés à déguster autant la compagnie que la cuisine entièrement élaborée par la maîtresse de maison. La maison de Vénus, à l’orée du Bois de Boulogne, vibre tout autrement avant et après ce partage. Loin du pays natal, Vénus Khoury-Ghata y construit une œuvre poétique, nourrie de l’arabe et donnée en Français, sur une enfance « au bord des larmes », un univers habité par ses chers disparus et les souvenirs d’un monde qu’elle sillonne inlassablement… Avec Vénus Khoury-Ghata, Yasmine Ghata, Jean-Noel Pancrazi, Yoshi Guitton, Stéphane Guillot, Georges-Olivier Châteaureynaud, René de Obaldia, Claire Julliard, Tahar Ben Jelloun, Isabelle Gallimard, Adonis. Et des textes de Vénus Khoury-Ghata lus par Sylvia Lipa-Lacarrière.

Soirée Algérie à la bibliothèque de La Châtre

Organisée à l’occasion des 50 ans de l’Indépendance de l’Algérie par la Bibliothèque de La Châtre
et en partenariat avec la Bibliothèque dépatementale de L’Indre (Conseil général de L’Indre).

Le Vendredi 30 Novembre 2012
à partir de 18h15
Au Château d’Ars
(à 4km de La Châtre, commune de Lourouer St Laurent lieu dit « Ars »)

18h15 : Lecture Interactive :
« Plaisirs et Saveurs, Mets et Mots du Maghreb »

Interprètes:
Sylvia Lacarrière, comédienne
Isabelle Yhuel, réalisatrice à France Culture, collaboratrice au magazine « Psychologies »
Florence Quentin, journaliste, écrivain, égyptologue, conférencière spécialiste Mythes et religions
Jean-Fançois Hécklé, comédien
Carol-Ann Willering, scénariste, metteur en scène, intervenue en 2011 pour le spectacle « Mystérieuse Agatha »
Florence Forsythe, comédienne (article NR 2011), intervenue en 2011 pour le spectacle « Mystérieuse Agatha »

Les lectures :
Imaginez-vous en train de préparer un repas maghrébin.
Les convives dont vous faites partis – vous les spectateurs – n’apportent pas une bouteille
à la maîtresse de maison, ni des fleurs comme il est de coutume en France.
Le présent, c’est vous qui allez le concocter, en participant à l’élaboration d’un menu littéraire.
De nombreux auteurs (Rachi Boumahdi , Nina Bouraoui, Driss Chraïbi, Mahi Binebine…)
ont inspiré nos « toques blanches », Sylvia Lacarrière (comédienne), Isabelle Yhuel
(réalisatrice à France Culture, collaboratrice au magazine « Psychologies »), Florence Quentin
(journaliste, écrivain, égyptologue, conférencière spécialiste Mythes et religions),
Jean-François Hecklé (comédien) et Florence Forsythe (comédienne) qui en un tour de main,
et munis de leurs livres sont heureux de vous faire entendre à travers leurs papilles, ce qu’ils ont
découvert des rites et des traditions culinaires du Maghreb.
Ce qui pimentera votre curiosité n’est-ce pas la loi du sel, la patience de la cuisinière,
le couscous clandestin….
Au cœur de ces rites, l’écrivain Isabelle Yhuel fait monter l’eau à la bouche
en nous communiquant son plaisir.
Ensemble, spectateurs et passeurs de mots, mettons-nous à table pour partager, hospitalité et
convivialité autour d’un repas littéraire où la nourriture du désir se mêle au désir de la nourriture…

19h30 : Buffet de spécialités du Maghreb
Par Salima Khelladi

20h30 : Lecture-Spectacle
« Passions d’Algérie »

d’après
Noces d’Albert CAMUS ( livres de Camus disponibles à La Châtre)
et Perennes de Tahar DJAOUT

Le Spectacle :
Rassembler dans un même élan deux écrivains algériens qui semblent si éloignés l’un de l’autre (ne serait-ce que dans le temps) peut surprendre?; deux écrivains qui ont marqué chacun à leur façon leur époque et qui, différemment, ont eu un destin tragique.
C’est pourtant le choix qu’a fait Jean-Paul SCHINTU pour nous donner à entendre le lien qu’ils entretiennent avec l’Algérie, la passion qu’ils éprouvent pour leur pays, mais aussi le désir de liberté et de révolte.

Jean-Paul Schintu, l’interprète, est né en Algérie, après avoir été élève au Conservatoire National Supérieur de Paris dans la classe d’Antoine Vitez, il devient d’abord acteur et metteur en scène, puis co-directeur du Théâtre de l’Escalier d’Or pendant huit ans. Il a interprété en 2010 au théàtre Maurice Sand de La Châtre « Le Premier homme » de Camus en partenariat avec la bibliothèque .
Il sera accompagné par Salem Amrane, guitariste d’origine berbère, spécialiste de la musique flamenca. Il puise son inspiration dans le luth arabe, le jazz, et la musique classique.

Tarifs :
5€ : La soirée avec 1 ou 2 spectacle sans le buffet
15€ : La soirée avec 1 ou 2 spectacle avec le buffet. Places limitées

Public Ados-Adultes
RESERVATION OBLIGATOIRE UNIQUEMENT POUR LA SOIREE AVEC BUFFET à la bibliothèque de La Châtre au 02 54 41 33 avant le 23 novembre.

Vezelay : Planter Un Arbre Sur La Colline

« Il faut planter un arbre, au profit d’un autre âge »
Caecilius Status, poète romain, v230-168 av J.C. Pour clôturer cette année de l’arbre à Vèzelay…

Planter un arbre sur la colline, autour de la Sainte-Catherine…

Cet arbre participera à l’harmonie du lieu.
Cette souscription pour l’arbre, marquera votre engagement pour un Vézelay minéral certes, mais aussi végétal.

Les associations
LES AMIS DE VEZELAY ET DE SA REGION CONVERGENCES,
Et leurs amis,
Vous convient à planter un arbre
Dimanche 2 décembre 2012 à 16h
Terrasse du Château, au chevet de la basilique Accompagnés par
Sylvia Lipia-Lacarrière, marraine, et Patrick J.George, parrain.

Renseignements
Association des Amis de Vézelay et de sa région BP 16 89450 Vézelay www.lesamisdevezelay.fr
Association Convergences
c/o Librairie L’Or des Etoiles
29 rue Saint-Etienne
89450 Vézelay
Tél. 03 86 33 30 06
convergences.vezelay@ordesetoiles.fr
www.convergences-vezelay.com

Avec la participation des EDITIONS ACTES SUD

Jacques Lacarrière : pour un rêve éveillé

Le parcours de cette soirée nous emmène sur les traces de Jacques Lacarrière, de sa rencontre avec le théâtre, à Epidaure en 1947, à ses engagements au travers de ses écrits pour que le théâtre soit un partage fraternel.
Les silhouettes qu’il fait exister : Antigone, Jocaste, Agamemnon, Cassandre, Ajax – toutes ces figures dont le poète s’est épris, parlent à travers son regard de leur condition d’êtres révoltés. Le poète nous aide ainsi à voir plus lucidement notre aujourd’hui.
L’expérience du théâtre, Jacques Lacarrière l’a vécue totalement en réclamant pour celui-ci le droit d’être « un rêve éveillé ».

Avec Sylvia Lipa-Lacarrière, Isabelle Yhuel, Etienne Chanson, Florence Forsythe.

le 1er décembre 2012 à 15 heures 30
à la médiathèque Equinoxe de Châteauroux

Fête du solstice d’hiver

Soirée Littérature & Vin
Fête du solstice d’hiver
Vézelay
Samedi 22 décembre 2012 à 20h

Première partie
La poussière du monde Jacques Lacarrière et la Cappadoce, lecture de textes par Sylvia Lipa-Lacarrière et projection d’un film (20mn), dans le cadre de l’exposition Kilims qui s’achèvera début janvier 2013 à L’Âme Enchantée

Deuxième partie
APOLOGIE DU LIVRE
Nous proposerons une sélection de textes soulignant l’importance du livre et invitons chaque participant à nous faire découvrir un de ses livres favoris…
A quoi peut bien servir un livre, si ce n’est à permettre de réfléchir et de rêver ? Alors que beaucoup de média nous enferment et nous conditionnent, le livre nous ouvre les portes de l’imaginaire. Il y a quatre outils essentiels à tout homme curieux de ce (et de ceux) qui l’entoure(nt) : le microscope, le télescope, le livre et la poésie.
Jacques Lacarrière.

Cérémonie du simple, exercice de la patience. Lire est un chemin, parmi tant d’autres. Croître en clarté, voilà le but.
Christian Bobin, Le Colporteur.

Dégustation de textes, vins* ET amuse-bouches
Les vins et les textes sont notamment sélectionnés par Clotilde Davenne, œnologue, vigneronne à Préhy, Domaine des Temps Perdus, et par Francette et Lorant Hecquet, libraires à Vézelay. Les participants souhaitant contribuer à la soirée par un texte sont bienvenus et sont priés de se faire connaître.
?
Rencontre organisée par l’association Convergences, avec la librairie L’Or des Etoiles
Librairie L’Âme Enchantée, 11 rue Saint-Etienne, Vézelay
Réservation nécessaire (nombre de places limité) 03 86 33 30 06
convergences.vezelay@ordesetoiles.fr
Participation (dégustation de 5 à 7 vins* et amuse-bouches) : 18 €, tarif réduit 12 €.
Convergences/Librairie L’Or des Etoiles 29 rue Saint Etienne 89450 Vézelay

*à consommer avec modération /Document imprimé par nos soins

Jacques Lacarrière et ses Natures

Spectacle et lectures en hommage à Jacques Lacarrière Samedi 24 mars 2012 à la Bibliothèque d’Auxerre

à 14h30 : « Qui a commencé », spectacle pour les enfants à partir de 6 ans, par Guilène Ferré
à 15h30 : présentation du Cahier Jacques Lacarrière n°3, « Natures » par Gil Jouanard.

 

   

A l’occasion de la sortie du « Cahiers Jacques Lacarrière » 3 Natures qui regroupe tous les textes de Jacques Lacarrière sur la nature et le monde animal : rencontres, lectures avec :

Guilène Ferré, Françoise Huart, Gil Jouanard, Sylvia Lipa-Lacarrière pour les lectures, à la flûte, Pierrette de Fauconval.

Guilène Ferré présentera pour les enfants un conte de Jacques Lacarrière :
Qui a commencé ?

…Puisque le hasard ou le sort ou une destinée maligne m’a conduit jusqu’ici, à mi-chemin du vin de messe, du vin d’ivresse, puisque je vis à mi-chemin des archanges et des vendanges, eh bien, il ne me reste plus qu’à célébrer les épousailles du nord avec le sud, l’abolition de tout point cardinal, les hosannah des cœurs agrestes, des chœurs célestes, en fondant, en confondant à jamais en moi l’amour du vin, l’amour divin.

Les ouvrages de Jacques Lacarrière seront vendus sur place par la librairie Obliques

 

        Qui a commencé ?
Récit pour les enfants, au fil d’un jardin de Jacques Lacarrière
raconté par Guilène Ferré en compagnie de Paola Bazelaire – – Ferré
Jeune public à partir de 6 ans / 45 mn.

 

Les yeux émerveillés, deux enfants explorent la serre du Jardin des Plantes emplie de chants d’oiseaux et de plantes extraordinaires. Le « Défense de toucher aux fleurs » du gardien les arrache à leur bonheur. Marie se demande pourquoi l’homme a été inventé ! qui a eu cette idée ? qui le premier a commencé ? Avec son frère Nicolas, elle va mener l’enquête. Sapajou, maki, pangolin, ornithorynque et autres animaux forts curieux les aideront-ils à résoudre l’énigme de leur venue sur terre ?

Après Le Singe bleu et Les 7 coqs de l’aube, Guilène Ferré propose aux enfants (et aux adultes ayant gardé leur âme d’enfant !) de partir en voyage dans un étonnant jardin des plantes. Avec l’écoute alterne le jeu. Les enfants sont invités à participer afin de développer leur imagination et leur créativité, tout en découvrant des aspects du monde animal et végétal.

Guilène Ferré lie séances de Contes pour enfants (à ceux cités s’ajoute  Les mille et une portes ) et projet Rêver au jardin avec Jacques Lacarrière (en complicité avec Sylvia Lipa-Lacarrière) à l’écriture de scénarios et d’une pièce de théâtre autour de la mémoire de la Shoah.

Guilène / Lou Ferré / SOL7 Studio Ouvert aux Littératures et 7èmeArt

 

A la Bibliothèque Jacques Lacarrière

Bibliothèque Municipale
Auditorium
rue d’Ardilière
89000 AUXERRE

tel. 03.86.72.91.60
fax. 03.86.72.91.62

Jacques Lacarrière au Jardin des Plantes

Jacques Lacarrière et ses Natures
Mercredi 11 avril de 14h à 15h,

Au Jardin des plantes
amphithéâtre d’Anatomie comparée et Paléontologie,
place Valhubert
(entrée vers le mammouth).
75005 Paris
Métro lignes 5 et 10

L’écrivain Jacques Lacarrière a défendu un humanisme naturaliste qui le portait à regarder à travers les grilles du Jardin des Plantes, quand il n’était pas dans les îles grecques à mettre ses pas dans les pas de Tournefort. Aussi sera-t-il bienvenu en esprit dans le séminaire d’Antropozoologie du Muséum, où sera présenté Natures, livre fait de textes se rapportant au sujet, édité comme cahier n°3 de Chemins faisant.
François Poplin
Dans ce volume, les « Natures » de Jacques Lacarrière, multiformes, complexes, évidentes ou mystérieuses, étrangères ou familières. Préservées ou profanées.
On y trouve aussi un essai sur Maître Renart, on y croise le crapaud et son chant, la libellule, le serpent, etc. – Où il nous avoue un faible pour Félix le chat.

On éprouve souvent dans sa vie la nostalgie d’un ailleurs où vous attendraient – sans qu’on le sache ou le soupçonne – des joies mystérieuses et souveraines. L’Anguille, elle, incarne cette nostalgie et cet Ailleurs. Elle est la voyageuse de l’amour, l’Ariane qui me guide dans les labyrinthes de l’Océan. Et je suis toujours fidèle à Ariane.

Présentation François Poplin. Lectures, Gil Jouanard, Françoise Huart, Sylvia Lipa-Lacarrière.

Dans La Forêt des Songes

Le dernier livre de Jacques Lacarrière se passait… « Dans la forêt des songes »…

 » Bien que né sous le signe du Sagittaire, je n’ai jamais jusqu’à ce jour enfourché le moindre cheval ni revêtu la moindre armure pour défier en tournoi singulier quelque insolent rival. Si gente dame il m’est arrivé dans ma vie de conquérir de haute lutte, ce fut toujours sans cheval ni armure, ni pourfendeuse lance. Voilà qui devrait m’interdire ou du moins me décourager de me lancer en une époque comme la nôtre dans l’écriture d’un récit ou un roman de chevalerie. Je m’y hasarde cependant en précisant seulement que pour les raisons susdites, on ne trouvera dans ce livre ni cheval ni armure ni haume ni épée ni tournoi ni non plus d’insolent rival. Par contre, on y verra des vierges sages et d’autres folles, des monstres singuliers et des aventuriers, des grands veneurs et des stylites et même des hermaphrodites. Il y aura aussi des mandragores, des demoiselles de Numidie, peut-être même des tétras lyre et, sans doute, des arbres qui parlent. Et, enfin et surtout, une forêt, une vraie forêt qui s’étale, frissonne et murmure à deux pas de mon village et qu’on nomme Forêt d’Orient.

C’est à l’orée de cette forêt qu’Ancelot – chevalier sans cheval, paladin sans armure, pèlerin sans équipage – rencontre Thoustra, un perroquet ara, curieux de tout et légèrement dyslexique, avec lequel il va cheminer et croiser des êtres, figures, fantômes ou personnages surgis de différentes époques : un stylite sur sa colonne, une grue cendrée et bègue, le Grand Veneur d’une chasse fantastique, une ondine nymphomane, un androgyne transsexuel, une mère porteuse et vierge, et bien d’autres encore.

Une fable qui réinvente les chemins des chevaliers d’antan pour les situer au coeur du monde d’aujourd’hui.

Paris, Nil éditions, octobre 2005.