{"id":764,"date":"2012-05-20T22:53:47","date_gmt":"2012-05-20T20:53:47","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8888\/site\/2019\/05\/20\/une-heure-avec-sylvia-lipa-lacarriere\/"},"modified":"2012-05-20T22:53:47","modified_gmt":"2012-05-20T20:53:47","slug":"une-heure-avec-sylvia-lipa-lacarriere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/2012\/05\/20\/une-heure-avec-sylvia-lipa-lacarriere\/","title":{"rendered":"Une heure avec&#8230; Sylvia Lipa Lacarri\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>Les Amis de la Biblioth\u00e8que municipale de Dijon vous invitent \u00e0 la lecture de po\u00e8mes et textes de Jacques Lacarri\u00e8re dans le cadre de : \u00ab\u00a0Une heure avec&#8230;\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Madame Sylvia Lipa Lacarri\u00e8re, com\u00e9dienne, \u00e9pouse du grand \u00e9crivain, a bien voulu faire cette lecture alors que sort \u00ab\u00a0A l&rsquo;or\u00e9e du pays fertile\u00a0\u00bb (\u00e9ditions Seghers), l&rsquo;\u00e9dition de l&rsquo;oeuvre po\u00e9tique compl\u00e8te de Jacques Lacarri\u00e8re.<\/p>\n<p>A l&rsquo;occasion de cette lecture seront pr\u00e9sent\u00e9s au public des ouvrages de l&rsquo;\u00e9crivain conserv\u00e9s \u00e0 la Biblioth\u00e8que.<\/p>\n<p>Jeudi 5 avril 2012 \u00e0 17h30<br \/>\nBiblioth\u00e8que municipale<br \/>\nSalle de l&rsquo;Acad\u00e9mie<br \/>\n5, rue de l&rsquo;Ecole de Droit<br \/>\n(Porte H)<\/p>\n<p>T\u00e9moignage de Daniel-Henri VINCENT :<\/p>\n<p>J\u2019ai eu la chance de rencontrer Jacques Lacarri\u00e8re il y a une trentaine d\u2019ann\u00e9es.<br \/>\nTout de suite il m\u2019a sembl\u00e9 le conna\u00eetre et le reconna\u00eetre. Un peu comme un Colas Breugnon, bon gar\u00e7on, Bourguignon aux attaches icaunaises quoique n\u00e9 Limougeaud en 1925, rond de fa\u00e7ons et de bedon, chaleureux comme on sait l\u2019\u00eatre en Bourgogne, avec la cordialit\u00e9 juste retenue, franche, souriante et pudique.<br \/>\nJacques Lacarri\u00e8re a eu l\u2019enfance Orl\u00e9anaise, et connut le tournant de la guerre, ce temps terrible o\u00f9, selon son expression, \u00ab&nbsp;Les saules ne sont pas les seuls \u00e0 pleurer&nbsp;\u00bb. Il se souvenait du \u00ab&nbsp;jardin de la rue du Parc&nbsp;\u00bb, \u00e0 Orl\u00e9ans, et de son tilleul o\u00f9 il se r\u00e9fugiait, avec \u00ab&nbsp;des d\u00e9sirs de Loire&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;des parfums de Sologne1&nbsp;\u00bb comme il le raconte dans Un jardin pour m\u00e9moire paru en 1999.<br \/>\nPuis ce furent les \u00e9tudes \u00e0 Paris, lettres classiques \u00e0 la Sorbonne, droit et langues orientales. Il abandonna l\u2019enseignement avant m\u00eame de l\u2019avoir commenc\u00e9 et se dit un jour&nbsp;: \u00ab&nbsp;Reste maintenant \u00e0 d\u00e9couvrir le monde2&nbsp;\u00bb. Parti pour l\u2019Inde, il s\u2019arr\u00eata en Gr\u00e8ce o\u00f9 il multiplia les s\u00e9jours, puis la Cr\u00e8te, le mont Athos, le monde antique et sa mythologie donnant en 1976 son ouvrage le plus c\u00e9l\u00e8bre, L\u2019\u00c9t\u00e9 grec, au genre r\u00e9solument nouveau \u00ab&nbsp;qui tenait de l&rsquo;essai, du carnet de route, du po\u00e8me en prose improvis\u00e9 au rythme de la marche et du r\u00e9cit lib\u00e9r\u00e9 de tous les codes formels3&nbsp;\u00bb selon un critique du Monde. \u00c0 d\u00e9faut de pouvoir \u00e9couter Jacques Lacarri\u00e8re dire son \u00c9t\u00e9 Grec, tel H\u00e9rodote sous les portiques de l\u2019Agora d\u2019Ath\u00e8nes, c\u2019est sa voix qu\u2019il faut s\u2019efforcer d\u2019entendre en le lisant car c\u2019\u00e9tait un conteur, j\u2019en t\u00e9moigne. Il a dit merveilles \u00e0 la DRAC au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt dans le cycle que nous avions organis\u00e9 avec notamment Jean-Pierre Chabrol, Per-Jakez H\u00e9lias et Bernard Clavel.<br \/>\nAmoureux de la langue grecque, il traduisait aussi bien Sophocle (Antigone, par exemple) que les po\u00e8tes grecs contemporains &#8211; tels Yannis Ritsos, Georges S\u00e9f\u00e9ris et bien d\u2019autres &#8211; donnant ce magnifique spectacle, le Chant profond de la Gr\u00e8ce cr\u00e9\u00e9 en fran\u00e7ais au Centre d\u2019action culturelle du Creusot en 1982 avec, parmi les com\u00e9diens, Sylvia Lipa. Quelques uns s\u2019en souviennent encore, \u00e0 l\u2019ombre du marteau-pilon&nbsp;! Jacques Lacarri\u00e8re, po\u00e8te, \u00e9crivain, \u00e9tait aussi metteur en sc\u00e8ne qui avait d\u00e9but\u00e9, si je ne me trompe, avec l\u2019Ajax de Sophocle au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante. Et Sylvia, avec Jean-Paul Roussillon, \u00e0 la Com\u00e9die fran\u00e7aise dans \u0152dipe-Roi. Jacques et Sylvia \u00e9taient faits pour se rencontrer.<br \/>\nJacques Lacarri\u00e8re \u00e9tait \u00e0 l\u2019instar de L\u00e9on-Paul Fargue \u00e0 Paris, le pi\u00e9ton du monde \u2013 principalement du monde m\u00e9diterran\u00e9en, Gr\u00e8ce, \u00c9gypte, Syrie antiques et modernes, car il se sentait \u00ab&nbsp;enfant du soleil, de la chaleur, des pierres s\u00e8ches et br\u00fbl\u00e9es, de la mer ti\u00e8de.&nbsp;4\u00bb  Il fut aussi, avec la maturit\u00e9 qui lui vint, fondamentalement, n\u00e9cessairement, pi\u00e9ton de France. Il a trac\u00e9, Chemin faisant, la m\u00e9moire des routes \u2013 c\u2019est le titre de la postface aux lecteurs de son ouvrage paru en 1977 \u2013 des Vosges au Roussillon. Non une divagation comme le dit l\u2019\u00e9diteur, plut\u00f4t une sorte de p\u00e8lerinage int\u00e9rieur de saint Jacques o\u00f9 seule l\u2019anecdote est de hasard car la rencontre \u2013 avec la nature, les gens, l\u2019histoire\u2026 &#8211; est n\u00e9cessit\u00e9. Et d\u2019abord ce petit coin de Bourgogne, Sacy, qu\u2019il retrouve, \u00ab&nbsp;minuscule finage entre quatre vall\u00e9es, entre la Cure et le Serein&nbsp;\u00bb o\u00f9, parmi les vignes, les for\u00eats, les pierre jaunes et tendres, un jour, le sourire d\u2019un vieillard qui l\u2019a reconnu \u00ab&nbsp;apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es de voyages et d\u2019absence&nbsp;\u00bb lui a ouvert \u00ab&nbsp;toutes grandes les portes d\u2019une enfance oubli\u00e9e.&nbsp;5\u00bb Et je peux vous dire que Jacques Lacarri\u00e8re \u00e9tait heureux \u00e0 Sacy et qu\u2019il faisait partager son bonheur, g\u00e9n\u00e9reusement, \u00e0 tous ceux qu\u2019il recevait, \u00e0 ses amis.<br \/>\nIl partit pour mieux revenir, dans Chemin faisant comme dans la r\u00e9alit\u00e9, d\u2019abord vers le Morvan, rude contr\u00e9e, pour y trouver de rude gens que Jean-Marc Tingaud sut r\u00e9v\u00e9ler derri\u00e8re son objectif et qu\u2019on a vu dans un bel ouvrage publi\u00e9 au Ch\u00eane. En Bourgogne, le cadre ordinaire de sa vie personnelle notamment depuis son mariage avec Sylvia Lipa en 1979, Jacques Lacarri\u00e8re avait tiss\u00e9 un r\u00e9seau d\u2019amiti\u00e9s qui faisait de lui un acteur discret, mais engag\u00e9, de la vie culturelle r\u00e9gionale \u2013 je pense, parmi d\u2019autres aventures, \u00e0 Tendre boucheries, avec l\u2019Agence nationale de cr\u00e9ation rurale de Daniel Meiller en 1984-85, \u00e0 laquelle Sylvia a particip\u00e9 activement. C\u2019est toujours l\u2019amiti\u00e9 en r\u00e9sonnance avec les lieux o\u00f9 souffle l\u2019esprit (je saute dans le temps), qui lui fit \u00e9crire cette belle Lettre \u00e0 Julius que Sylvia lut sous les vo\u00fbtes de la Madeleine de V\u00e9zelay \u00e0 l\u2019occasion de la mort de Jules Roy en 2000.<br \/>\nAvec Marie d\u2019\u00c9gypte, son premier roman en 1983, on peut \u00e9voquer, apr\u00e8s la Gr\u00e8ce et la nature, le troisi\u00e8me versant de l\u2019\u0153uvre de Jacques Lacarri\u00e8re dont Les Gnostiques et Les Hommes ivres de Dieu marquent, apr\u00e8s Le Mont Athos, les premi\u00e8res m\u00e9ditations. Celles qui lui ont fait chercher quelque chose qui a \u00e0 voir avec l\u2019Infini, la V\u00e9rit\u00e9 et la Voie Lact\u00e9e ch\u00e8re \u00e0 Julius\u2026<br \/>\nJacques Lacarri\u00e8re se r\u00e9sume ainsi&nbsp;dans ses Sourates : \u00ab&nbsp;La vie et l&rsquo;\u00e9criture. L&rsquo;amour et l&rsquo;\u00e9criture. L&rsquo;ailleurs et l&rsquo;\u00e9criture.&nbsp;\u00bb Un grand \u00e9crivain, un po\u00e8te subtil. Il s\u2019est volontairement tenu \u00e0 l\u2019\u00e9cart de ce que Roger Gouze appelait \u00ab&nbsp;le bazar des lettres&nbsp;\u00bb. Et n\u2019en m\u00e9rite que mieux, car il ne l\u2019a nullement recherch\u00e9, l\u2019honneur que lui fit l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise en lui attribuant son Grand prix pour l\u2019ensemble de son \u0153uvre en 1991. Cigale, il sut vivre de peu. Toute sa richesse d\u2019humaniste libertaire \u00e9tait dans l\u2019amour et l\u2019amiti\u00e9. Comme dans le verger et le potager de sa maison de Sacy, il a cultiv\u00e9 avec foi et g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 un jardin litt\u00e9raire d\u2019h\u00e9r\u00e9tique.<br \/>\nNous allons le retrouver ce soir avec les textes que Sylvia Lipa-Lacarri\u00e8re va nous donner, tir\u00e9s de Natures et d\u2019un ouvrage posthume, \u00c0 l\u2019or\u00e9e du pays fertile, cinquante ans de \u00ab po\u00e8mes hors saison, des po\u00e8mes oraison&nbsp;\u00bb, une anthologie qu\u2019il avait con\u00e7ue avant son dernier d\u00e9part en 2005.<\/p>\n<p>Daniel-Henri VINCENT<br \/>\n5 avril 2012<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Amis de la Biblioth\u00e8que municipale de Dijon vous invitent \u00e0 la lecture de po\u00e8mes et textes de Jacques Lacarri\u00e8re dans le cadre de : \u00ab\u00a0Une heure avec&#8230;\u00a0\u00bb. Madame Sylvia Lipa Lacarri\u00e8re, com\u00e9dienne, \u00e9pouse du grand \u00e9crivain, a bien voulu faire cette lecture alors que sort \u00ab\u00a0A l&rsquo;or\u00e9e du pays fertile\u00a0\u00bb (\u00e9ditions Seghers), l&rsquo;\u00e9dition de &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/2012\/05\/20\/une-heure-avec-sylvia-lipa-lacarriere\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Une heure avec&#8230; Sylvia Lipa Lacarri\u00e8re&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-764","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-11"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/764","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=764"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/764\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=764"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=764"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=764"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}