{"id":2051,"date":"2020-04-02T11:19:21","date_gmt":"2020-04-02T09:19:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/?p=2051"},"modified":"2020-04-02T11:35:31","modified_gmt":"2020-04-02T09:35:31","slug":"une-grece-quotidienne-de-4000-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/2020\/04\/02\/une-grece-quotidienne-de-4000-ans\/","title":{"rendered":"Une Gr\u00e8ce quotidienne de 4000 ans"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ALIF-8--727x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2052\" width=\"261\" height=\"367\" srcset=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ALIF-8--727x1024.jpg 727w, https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ALIF-8--213x300.jpg 213w, https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ALIF-8--768x1081.jpg 768w, https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ALIF-8-.jpg 856w\" sizes=\"auto, (max-width: 261px) 100vw, 261px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Par <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Lor\u00e1nd_G\u00e1sp\u00e1r\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Lorand Gaspar<\/a>, revue\u00a0<em>Alif<\/em>\u00a0n\u00b08, 1976, p. 71-74.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9e dans l&rsquo;\u00eele de Patmos o\u00f9, selon la tradition&nbsp;Saint-Jean l&rsquo;\u00e9vang\u00e9liste \u00e9crivit l&rsquo;Apocalypse, on ne rencontrait gu\u00e8re&nbsp;d&rsquo;\u00e9trangers. Plus exactement, on n&rsquo;en rencontrait que deux ou trois fois par semaine, \u00e0 heures fixes, quand les bateaux qui faisaient la croisi\u00e8re&nbsp;des \u00eeles, ancr\u00e9s d&rsquo;ailleurs au large du port bien trop petit pour les&nbsp;recevoir, d\u00e9versaient leur troupeau de touristes aussit\u00f4t install\u00e9 sur un&nbsp;troupeau de mulets, pour prendre d&rsquo;assaut le monast\u00e8re de Saint-Jean-le-Th\u00e9ologue. Ils repartaient quelques heures apr\u00e8s, enrichis parfois de&nbsp;quelques coquillages ou de galets que leur r\u00e9ussissait \u00e0 vendre Thanassis le marchand de glaces, qui les ameutait pr\u00e8s du d\u00e9barcad\u00e8re&nbsp;autour de son chariot, en soufflant presqu&rsquo;aussi fort que Josu\u00e9, dans&nbsp;un \u00e9norme buccin.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est dans une taverne o\u00f9 je retrouvais chaque \u00e9t\u00e9 ou automne quelques p\u00e9cheurs, lannis, Spiros, Nicolas, Tsarandis, autour du m\u00eame&nbsp;r\u00e9sin\u00e9, plong\u00e9s dans leurs discussions interminables sur les m\u00eames riens&nbsp;\u00e9ternels, que j&rsquo;aper\u00e7us pour la premi\u00e8re fois Jacques Lacarri\u00e8re. Il \u00e9tait&nbsp;paisiblement install\u00e9 devant un&nbsp;<em>misso kilo&nbsp;<\/em>de vin r\u00e9sin\u00e9 dont il arrosait&nbsp;ses&nbsp;<em>marides.&nbsp;<\/em>Apr\u00e8s avoir fait honneur aux petits poissons frits, je le vis&nbsp;se pencher sur un cahier d&rsquo;\u00e9colier o\u00f9 il notait des choses myst\u00e9rieuses.&nbsp;Un autre jour nous nous sommes retrouv\u00e9s au petit matin, chacun devant&nbsp;un double&nbsp;<em>m\u00e9trio&nbsp;<\/em>(caf\u00e9 turc moyennement sucr\u00e9), derri\u00e8re les grilles du&nbsp;petit jardin de la douane, o\u00f9 le caf\u00e9 de Vassilis avait ses trois tables&nbsp;ext\u00e9rieures et ses&nbsp;habitu\u00e9s.&nbsp;Jacques y travaillait chaque jour quelques&nbsp;heures \u00e0 la fra\u00eecheur du matin ; il traduisait les fables d&rsquo;Esope. Depuis ce caf\u00e9 matinal nous avons parcouru beaucoup de pistes non trac\u00e9esde la mer Eg\u00e9e, tra\u00eenant dans les ports petits et grands, d&rsquo;\u00eele nue en \u00eele&nbsp;nue, en lisant sur le vieux ca\u00efque du cap\u00e9tan Khristo des po\u00e8mes de&nbsp;Seferis longtemps avant leur publication en France&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Mais que cherchent-elles nos \u00e2mes \u00e0 voyager ainsi&nbsp;&nbsp;<\/em><em>Sur des ponts de bateaux d\u00e9labr\u00e9s,<br><\/em><em>Entass\u00e9es parmi des femmes bl\u00e8mes et des enfants qui pleurent&nbsp;&nbsp;<\/em><em>Que ne peuvent distraire ni les poissons volants<br><\/em><em>Ni les \u00e9toiles que les m\u00e2ts d\u00e9signent de leur pointe ?&#8230; \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Et nous go\u00fbtions autant l&rsquo;ambiance des tavernes de Kalymnos, d&rsquo;Arki&nbsp;ou de Perama que la solitude des rochers ou celle d&rsquo;un monast\u00e8re perdu&nbsp;dans la falaise. A moi qui ne connaissais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, de la Gr\u00e8ce, hors&nbsp;les d\u00e9bris d&rsquo;une culture classique, que ses p\u00e9cheurs, ses ca\u00efques et ses&nbsp;paysages sous-marins, il apprit \u00e0 aimer son visage plus profond et plus&nbsp;vaste d&rsquo;aujourd&rsquo;hui avec sa culture et ses traditions formidablement&nbsp;vivaces o\u00f9 l&rsquo;oeil et l&rsquo;oreille attentive peuvent d\u00e9celer sans cesse sous&nbsp;le changement une continuit\u00e9 sans faille de quatre mill\u00e9naires. Et je ne&nbsp;connais pas d&rsquo;autre exemple d&rsquo;un peuple qui ait su garder dans sa trame&nbsp;vivante, \u00e0 travers ses bouleversements historiques et ses visages successifs, si \u00e9videmment divers, sa substance et son esprit premiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette continuit\u00e9, la constitution de cet amalgame inimitable o\u00f9 se&nbsp;fondent les couches successives de la gr\u00e9cit\u00e9, plus que<em>&nbsp;<\/em>dans les ruines&nbsp;et dans la statuaire, plus que dans les hauts faits de l&rsquo;histoire, est&nbsp;inscrite dans la langue, est construite, cr\u00e9\u00e9e par la vivacit\u00e9 du commerce&nbsp;entre un peuple, sa langue et l&rsquo;\u00e2pret\u00e9 d&rsquo;un pays de pierres, battu devents et d&#8217;embruns, br\u00fbl\u00e9 de soleil. C&rsquo;est la langue qui fait le lien entre&nbsp;ces ruines doriques, et celles des \u00e9glises de Byzance, les statues peintes&nbsp;des&nbsp;<em>Kor\u00e8s<\/em>&nbsp;et les vierges des ic\u00f4nes, jusqu&rsquo;aux chapelles et maisons&nbsp;blanches des \u00eeles aujourd&rsquo;hui. La langue, qui est liaison chimique et ferment cr\u00e9ateur, l&rsquo;oreille attentive, saura en entendre le courant qui traverse les \u00e2ges et les changements.<\/p>\n\n\n\n<p>Georges Seferis a parl\u00e9 de cela d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e9mouvante \u00e0&nbsp;Stockholm : \u00ab Si je m&rsquo;observe lisant dans Hom\u00e8re ces simples mots&nbsp;<em>phaos iliou \u2014&nbsp;<\/em>je dis aujourd&rsquo;hui : phos tou iliou \u2014 la lumi\u00e8re du soleil \u2014,&nbsp;j&rsquo;\u00e9prouve une<em>&nbsp;<\/em>familiarit\u00e9 qui s&rsquo;apparente plut\u00f4t \u00e0 une psych\u00e9 collective&nbsp;qu&rsquo;\u00e0 un effort du savoir \u00bb. Car il s&rsquo;agit bien de la m\u00eame langue et dum\u00eame pays. \u00ab Une langue alt\u00e9r\u00e9e, dit Seferis, par une \u00e9volution plusieurs&nbsp;fois mill\u00e9naire, mais malgr\u00e9 tout fid\u00e8le \u00e0 elle-m\u00eame. Elle porte les empreintes de gestes et d&rsquo;attitudes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 travers les \u00e2ges jusqu&rsquo;\u00e0 nous&nbsp;et qui simplifient parfois d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e9tonnante des probl\u00e8mes d&rsquo;interpr\u00e9tation, qui paraissent \u00e0 d&rsquo;autres bien difficiles. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les diverses Gr\u00e8ce, l&rsquo;antique, la byzantine, la moderne, et j&rsquo;en passe,&nbsp;n&rsquo;existent d&rsquo;une mani\u00e8re aussi distincte que dans la t\u00eate et dans les&nbsp;livres des sp\u00e9cialistes. \u00ab &#8230; l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;un peuple ne se divise pas. Elle vit&nbsp;ou elle meurt \u00bb disait encore Seferis.<\/p>\n\n\n\n<p>Et Lacarri\u00e8re de remarquer : \u00ab Les hell\u00e9nistes \u2014 comme leur nom&nbsp;l&rsquo;indique \u2014 ne s&rsquo;int\u00e9ressent qu&rsquo;aux Hell\u00e8nes, pas aux Grecs. Ceux qui&nbsp;connaissent bien H\u00e9raclite ou Sophocle connaissent mal en g\u00e9n\u00e9rai&nbsp;\u2014 ou m\u00eame ignorent totalement \u2014 les po\u00e8tes mystiques byzantins. Et ceux qui connaissent bien les po\u00e8tes mystiques byzantins connaissent&nbsp;mal ou pas du tout les&nbsp;<em>r\u00e9b\u00e9tika<\/em>, le&nbsp;<em>Karaghioze<\/em>, les po\u00e8tes contemporains.&nbsp;Pourtant si l&rsquo;on ne saisit pas le fil qui relie Eschyle \u00e0 Seferis, Hom\u00e8re \u00e0&nbsp;Elytis, et Pindare \u00e0 Ritsos (et qui int\u00e8gre, sans heurt ni traumatismeculturel, les chants m\u00e9di\u00e9vaux de Dig\u00e9nis,&nbsp;<em>L&rsquo;Erotokritos&nbsp;<\/em>de la Cr\u00e8te du&nbsp;XVIle si\u00e8cle, les m\u00e9moires du g\u00e9n\u00e9ral Makryannis et&nbsp;<em>La femme de Zante&nbsp;<\/em>de Solomos sans parler des&nbsp;<em>kleftika<\/em>&nbsp;ou des&nbsp;<em>rizitika&nbsp;<\/em>de Cr\u00e8te, ces chants&nbsp;dits \u00ab radicaux \u00bb parce qu&rsquo;ils sont n\u00e9s dans les villages situ\u00e9s au pied,&nbsp;\u00ab racines \u00bb des Monts Blancs) que saisit-on vraiment de la Gr\u00e8ce ? On&nbsp;\u00e9tudie une culture arr\u00eat\u00e9e en son \u00e9volution, d\u00e9coup\u00e9e en tranches&nbsp;historiques, une Gr\u00e8ce&nbsp;<em>in vitro,&nbsp;<\/em>qui r\u00e9v\u00e8le ainsi des ph\u00e9nom\u00e8nes et des&nbsp;structures \u00e9vidents (puisqu&rsquo;on peut op\u00e9rer sur elles comme en laboratoire) mais dont on oublie qu&rsquo;apr\u00e8s tout, certains d&rsquo;entre elles vivent&nbsp;toujours,&nbsp;<em>l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on n&rsquo;aurait pas id\u00e9e de les chercher \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est justement en ces lieux que nous emm\u00e8ne Jacques Lacarri\u00e8re.&nbsp;Sur tous ces sentiers que d\u00e9truisent lorsqu&rsquo;ils les croisent ou s&rsquo;y engagent les bulldozers des circuits touristiques. Sentiers difficiles \u00e0 apprivoiser et qui ne se laissent approcher que par les amoureux d&rsquo;un pays,&nbsp;par les initi\u00e9s. Initi\u00e9s non pas \u00e0 quelque myst\u00e8re d&rsquo;Eleusis, mais \u00e0 la vie&nbsp;quotidienne d&rsquo;un peuple et d&rsquo;une terre, \u00e0 ses sources.<\/p>\n\n\n\n<p>Que cherchent ces millions de touristes qui parcourent intr\u00e9pides le&nbsp;monde ? Il y aurait l\u00e0 des choses \u00e0 apprendre sur l&rsquo;angoisse et la solitude, l&rsquo;ennui aussi de l&rsquo;homme d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Que ce besoin de migrationsuperficielle, ce cin\u00e9ma qu&rsquo;on se fait soit finalement une bonne affaire&nbsp;commerciale cela du moins n&rsquo;est pas douteux. Que cette exploitation&nbsp;finisse par ab\u00eemer, par d\u00e9naturer certains paysages et ceux qui les habitent, s&rsquo;apparentant ainsi aux divers processus de pollution et de pillage&nbsp;qui d\u00e9vastent la plan\u00e8te, est un fait.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand H\u00e9rodote revenait de ses voyages, \u00e0 la foule des Ath\u00e9niens&nbsp;assembl\u00e9e sous les portiques de l&rsquo;Agora, il racontait avec \u00e9tonnement&nbsp;et respect qu&rsquo;ailleurs des hommes vivaient diff\u00e9remment, avaient d&rsquo;autres coutumes, pensaient et parlaient autrement. Premi\u00e8re relativit\u00e9 ethnologique, premi\u00e8re possibilit\u00e9 de rapprochement entre peuples. Am\u00e9ricains,&nbsp;Allemands, Fran\u00e7ais qui voyagent par le monde, quelle connaissance&nbsp;ont-ils des autres peuples ? de leur culture vivante, de leurs coutumes,&nbsp;de leur histoire ? De leur langue et de leur litt\u00e9rature ? (Il faut dire qu&rsquo;ils&nbsp;ne connaissent le plus souvent m\u00eame pas les leurs). Tous ces gens voyagent, vont d&rsquo;un parking \u00e0 un autre, d&rsquo;une r\u00e9serve de soleil et de distraction \u00e0 une autre. Distraction d&rsquo;abord comme chez soi, \u00e0 laquelle on&nbsp;m\u00eale un peu d&rsquo;\u00e9pice exotique savamment dos\u00e9e, aseptis\u00e9e, inoffensive.&nbsp;Au Proche-Orient on leur offrira le caf\u00e9 traditionnel sous une tente b\u00e9douine inhabit\u00e9e, servi par des b\u00e9douins de circonstance ; en Gr\u00e8ce&nbsp;ils auront certes leur ration de ruines et de soleil, mais aussi des tavernes faussement populaires avec une musique et des danses habilementcolor\u00e9es, \u00e9dulcor\u00e9es, imm\u00e9diatement consommables.<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques Lacarri\u00e8re nous montre qu&rsquo;il y a une autre fa\u00e7on de voyager.\u00a0Et combien on souhaiterait que ce f\u00fbt celle de l&rsquo;avenir ! Ce que les \u00e9cologistes d\u00e9couvrent concernant la nature et les voies qu&rsquo;ils montrent pour\u00a0\u00e9viter la destruction, la st\u00e9rilisation qui nous guettent, Lacarri\u00e8re le fait pour le voyage, pour l&rsquo;abord d&rsquo;un pays et de son peuple.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e0 l&rsquo;heure j&rsquo;ai parl\u00e9 d&rsquo;initiation en disant qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas de&nbsp;p\u00e9n\u00e9trer quelque myst\u00e8re. Peut-\u00eatre que si. Car l&rsquo;amour, en d\u00e9pit des&nbsp;grandes d\u00e9couvertes de la biologie et de la psychologie, garde quelques-uns de ses myst\u00e8res. Ces myst\u00e8res dont sont d\u00e9pourvus radicalement&nbsp;nos produits de consommation. Pour \u00e9chapper au myst\u00e8re nous avons&nbsp;d\u00e9cid\u00e9 qu&rsquo;aimer c&rsquo;\u00e9tait consommer.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conna\u00eetre vraiment d&rsquo;autres hommes et d&rsquo;autres femmes, d&rsquo;autres\u00a0pays, d&rsquo;autres cultures, il faut d&rsquo;abord tomber amoureux. Puis aimer.\u00a0Prendre les sentiers peu fr\u00e9quent\u00e9s. (Tant qu&rsquo;il en reste). Aller vers\u00a0une vie autre, apprendre son langage, partager ses joies, ses d\u00e9tresses.\u00a0C&rsquo;est l\u00e0 ce que nous sugg\u00e8re\u00a0<em>l&rsquo;Et\u00e9 Grec.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Lorand Gaspar<\/em>, revue\u00a0<em>Alif<\/em>\u00a0n\u00b08, 1976, p. 71-74.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour Lorand et les jours \u00e9t\u00e9siens de Patmos<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ruelles des Cyclades : lignes de partage de la lumi\u00e8re sur la cr\u00eate du jour et de la nuit. Comme une eau ruisselant vers le Levant et le Ponant des songes.<\/em><br><em>En Gr\u00e8ce, la lumi\u00e8re d&rsquo;\u00e9t\u00e9 est cort\u00e8ge embras\u00e9 du z\u00e9nith, crissement d&rsquo;ondes au coeur des paupi\u00e8res du temps. Immobile, elle veille, torride, sur le ciel comme l&rsquo;asc\u00e8te aride dans le blanc du d\u00e9sert\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><br><em>Pour ce torrent sans lit\u00a0<\/em><br><em>ce chant immobile de pierres<\/em><br><em>Pour cette douleur \u00e9troite<\/em><br><em>ce chemin de nul nerf<\/em><br><em>Pour ce feu aust\u00e8re dont nul arbre ne br\u00fble<\/em><br><em>Pour cette flamme jamais n\u00e9e<\/em><br><em>qui charrie l\u2019obscur de ma voix<\/em><br><em>Pour ton nom muet qui enchante mes oreilles<\/em><br><em>Pour ce qui me reste de fra\u00eecheur<\/em><br><em>Pour ce repas de poussi\u00e8re<\/em><br><em>Pour cette eau qui monte<\/em><br><em>\u00a0dans la clart\u00e9 des pierres<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Lorand Gaspar, S<\/em><em>ol Absolu<\/em><em>, extrait<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacques Lacarri\u00e8re et Lorand Gaspar<\/strong> s\u2019\u00e9taient rencontr\u00e9s en Gr\u00e8ce, \u00e0 Patmos. Ils partag\u00e8rent l\u2019amour de cette \u00eele dans les ann\u00e9es 60.<br>Des ann\u00e9es plus tard, heureux de se retrouver comme s\u2019ils ne s\u2019\u00e9taient jamais quitt\u00e9s. D\u00e9couverte de la petite maison bleue et blanche de Lorand \u00e0 Sidi Bou Sa\u00efd en Tunisie.\u00a0<br>Lorand Gaspar exer\u00e7ait la m\u00e9decine \u00e0\u00a0Tunis\u00a0et il avait fond\u00e9 avec sa compagne, Jacqueline Daoud, la\u00a0revue\u00a0\u00a0\u00bbAlif\u00a0\u00bb, qui para\u00eetra de 1970 \u00e0 1982 \u00e0 laquelle Jacques collabora pour quelques num\u00e9ros.<br>Trois pays ont marqu\u00e9 la vie et l\u2019oeuvre de Lorand Gaspar: la Gr\u00e8ce, la Palestine et la Tunisie.\u00a0 Po\u00e8te, m\u00e9decin, historien, photographe et traducteur fran\u00e7ais d\u2019origine hongroise, Lorand Gaspar a v\u00e9cu et exerc\u00e9 \u00e0 Tunis de 1970 \u00e0 1995.<br>Il nous a quitt\u00e9s en octobre 2020 \u00e0 Paris.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Lorand Gaspar, revue\u00a0Alif\u00a0n\u00b08, 1976, p. 71-74. 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