{"id":1063,"date":"2008-12-31T00:00:00","date_gmt":"2008-12-30T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8888\/site\/2008\/12\/31\/salon-du-livre-2008\/"},"modified":"2019-06-10T21:52:44","modified_gmt":"2019-06-10T19:52:44","slug":"salon-du-livre-2008","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/2008\/12\/31\/salon-du-livre-2008\/","title":{"rendered":"Salon du Livre 2008"},"content":{"rendered":"<p>Retrouvez Jacques Lacarri\u00e8re au\u00a0Salon du Livre<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1298\" src=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2008\/12\/lepayssouslecorce-small.jpg\" alt=\"\" width=\"85\" height=\"125\" \/><\/p>\n<p>R\u00e9\u00e9dition du livre Le pays sous l&rsquo;\u00e9corce au Seuil<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai pass\u00e9 tout un \u00e9t\u00e9, tout un automne, tout un hiver sous une \u00e9corce. Avec le Loir, j&rsquo;ai dout\u00e9 du r\u00e9el et j&rsquo;ai dout\u00e9 du r\u00eave. Aux c\u00f4t\u00e9s de la Grue, j&rsquo;ai connu l&rsquo;\u00e9nigme des vents, les \u00e9mois de l&rsquo;amour z\u00e9nithal. J&rsquo;ai appris avec le Criquet les frissons et les stridences du d\u00e9sert, rencontr\u00e9 en son antre la Reine des termites, tenu entre mes bras le corps de l&rsquo;\u00c9ph\u00e9m\u00e8re. J&rsquo;ai affront\u00e9 le Ver et sa vaine immortalit\u00e9, hulul\u00e9 avec le Hibou les phases et phrases de la nuit, cong\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exemple de l&rsquo;\u00c9crevisse la peau morte de mon pass\u00e9, accompagn\u00e9 l&rsquo;Anguille dans le c\u0153ur des Sargasses. Puis j&rsquo;ai gagn\u00e9 le fond des mers et l\u00e0, j&rsquo;ai entrevu les gemmes de la Princesse diad\u00e9m\u00e9e, partag\u00e9 l&rsquo;ombelle commensale de la M\u00e9duse, habit\u00e9 l&rsquo;antre orang\u00e9 de l&rsquo;An\u00e9mone. Et j&rsquo;ai vu, j&rsquo;ai surpris le co\u00eft lacustre des Tortues, jou\u00e9 avec le Poulpe aux jeux de l&rsquo;Illusion, approch\u00e9 le destin des larves en compagnie de l&rsquo;Axolotl, appris le mim\u00e9tisme pr\u00e8s du Cam\u00e9l\u00e9on, \u00e9cout\u00e9 les \u00e9ructations du Boa. Et surtout, dans le pr\u00e9 de la mort imminente, j&rsquo;ai per\u00e7u avec le Grillon l&rsquo;espoir d&rsquo;une vie sans parents, v\u00e9cu devant la Mante l&rsquo;horreur des noces consomm\u00e9es, connu l&rsquo;amour enlumin\u00e9 du Ver luisant, \u00e9pel\u00e9 avec les Abeilles les verbes du soleil; Apr\u00e8s quoi, j&rsquo;ai tent\u00e9 sans succ\u00e8s de vaincre l&rsquo;amn\u00e9sie des Mouches et subi, sur la toile de l&rsquo;\u00c9peire, les affres de la proie promise au sacrifice. Bref, j&rsquo;ai v\u00e9cu. Qui pourrait en disconvenir ? Et pourtant tout cela fut balay\u00e9, oubli\u00e9 en un instant quand, au soir qui suivit ma fuite de la toile, je per\u00e7us une odeur indicible et aper\u00e7us sur une fleur la splendeur d&rsquo;Aur\u00e9iia. Car c&rsquo;est le nom qu&rsquo;imm\u00e9diatement je Lui donnai, le seul nom qui soit digne d&rsquo;Elle, le seul aussi qui dise \u2014 et puisse me rappeler \u00e0 jamais \u2014 l&rsquo;image et l&rsquo;imago de son corps merveilleux. Je dis bien imago, car Aur\u00e9lia \u00e9tait la plus belle femelle du plus beau, du plus grand, du plus chatoyant papillon, le majestueux Paon de nuit. Mais tout cela eut un d\u00e9but curieux, bien diff\u00e9rent de ce qui allait suivre, un d\u00e9but presque insignifiant et, au sens propre, terre \u00e0 terre&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans la for\u00eat des songes chez Nil<\/p>\n<p>La for\u00eat d&rsquo;Orient. Elle fr\u00e9mit d\u00e9j\u00e0 l\u00e0-bas sous les friselis d&rsquo;un vent ludique et temp\u00e9r\u00e9, elle frissonne et moutonne car on ne saurait dire qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, encore moins qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9lance. S&rsquo;\u00e9lancer, s&rsquo;\u00e9lever, culminer, surplomber, c&rsquo;est le fait des for\u00eats exotiques, tropicales ou sauvages, non celui des for\u00eats cr\u00e9tac\u00e9es et de leurs modestes feuillus. Vue de loin, avec ses rang\u00e9es d&rsquo;arbres sagement align\u00e9s, elle appara\u00eet paisible et d\u00e9bonnaire. Oui, une for\u00eat qui\u00e8te, accueillante aux fl\u00e2neurs, promise aux promeneurs mais, il faut bien le dire, sans aucun myst\u00e8re apparent. Bien s\u00fbr, en choisissant cette for\u00eat au c\u0153ur de la Champagne crayeuse, il se doutait qu&rsquo;il n&rsquo;y rencontrerait pas de sarigue allaitant ses petits dans les ramures d&rsquo;un jacaranda, encore moins quelque tamanoir fouissant le sol sous le couvert des grands anacardiers. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas l&rsquo;Amazonie et le croassement des corneilles \u00e0 l&rsquo;entour n&rsquo;avait que peu \u00e0 voir avec le cri des singes hurleurs quand le soleil se couche sur le Mato Grosso. Nul besoin de venir jusqu&rsquo;ici pour s&rsquo;en assurer ! Mais il pensait, peut-\u00eatre \u00e0 tort, que le myst\u00e8re peut se cacher quelquefois au c\u0153ur de l&rsquo;ordinaire, au sein des paysages les moins fantasques ou les moins exotiques. C&rsquo;est pour cela \u2014 et aussi \u00e0 la suite de rumeurs insistantes \u2014 qu&rsquo;il avait choisi cette r\u00e9gion et la for\u00eat d&rsquo;Orient Mais voil\u00e0 : il ne l&rsquo;imaginait pas si conforme \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;on pouvait se faire d&rsquo;une for\u00eat tranquille et parfaite, d&rsquo;une for\u00eat mod\u00e8le. Aussi h\u00e9sita-t-il un temps au seuil de ses ombrages, se demandant s&rsquo;il n&rsquo;allait pas revenir sur ses pas, lorsqu&rsquo;un splendide, \u00e9norme et rutilant ara vint se poser sur son \u00e9paule.<\/p>\n<p>Les aras ne sont pas l\u00e9gion dans la for\u00eat d&rsquo;Orient, pas plus d&rsquo;ailleurs que les autres esp\u00e8ces de perroquets amazoniens. Surprise, donc, et m\u00eame stup\u00e9faction que l&rsquo;arriv\u00e9e soudaine de ce volatile \u00e9tranger et peut-\u00eatre m\u00eame apatride ! Il ne voyait \u00e0 cette apparition que deux explications possibles : ou l&rsquo;oiseau venait de s&rsquo;\u00e9chapper de quelque cage ou quelque enclos des environs et trouvant sur sa route une \u00e9paule vacante s&rsquo;y \u00e9tait pos\u00e9 tout de go ou il ne pouvait s&rsquo;agir que d&rsquo;un c\u00e9leste messager, envoy\u00e9 ici-bas \u2014 mais par qui ou par Qui ? \u2014 \u00e0 seule fin de l&rsquo;\u00e9pauler \u2014 et ce dans tous les sens de ce mot \u2014 sur les chemins qui l&rsquo;attendaient. Un ange, en somme, mais un ange qui, pour des raisons de lui seul connues, aurait adopt\u00e9 v\u00eature, parure et chamarrure amazoniennes. Pour l&rsquo;heure, l&rsquo;ange se tr\u00e9moussait tant et plus sur l&rsquo;\u00e9paule de son perchoir improvis\u00e9 afin de s&rsquo;y installer \u00e0 son aise en veillant soigneusement \u00e0 ne pas y implanter ses serres.<br \/>\nApr\u00e8s quoi, ouvrant tout grand son bec, il demanda :<\/p>\n<p>\u2014 Vous avez un nom, je suppose ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retrouvez Jacques Lacarri\u00e8re au\u00a0Salon du Livre R\u00e9\u00e9dition du livre Le pays sous l&rsquo;\u00e9corce au Seuil \u00ab\u00a0J&rsquo;ai pass\u00e9 tout un \u00e9t\u00e9, tout un automne, tout un hiver sous une \u00e9corce. Avec le Loir, j&rsquo;ai dout\u00e9 du r\u00e9el et j&rsquo;ai dout\u00e9 du r\u00eave. 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