{"id":1048,"date":"2015-05-25T19:00:32","date_gmt":"2015-05-25T17:00:32","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8888\/site\/?p=1048"},"modified":"2024-09-28T16:54:18","modified_gmt":"2024-09-28T14:54:18","slug":"les-hommes-sans-epaules","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/2015\/05\/25\/les-hommes-sans-epaules\/","title":{"rendered":"Les Hommes Sans Epaules"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Les-Hommes-Sans-Epaules-657x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1275\" width=\"241\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Les-Hommes-Sans-Epaules-657x1024.jpeg 657w, https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Les-Hommes-Sans-Epaules-193x300.jpeg 193w, https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Les-Hommes-Sans-Epaules-768x1197.jpeg 768w, https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Les-Hommes-Sans-Epaules.jpeg 1549w\" sizes=\"auto, (max-width: 241px) 100vw, 241px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Dossier : Jacques LACARRIERE &amp; les po\u00e8tes grecs contemporains<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab&nbsp; Ce tr\u00e8s beau num\u00e9ro est consacr\u00e9 \u00e0 Jacques Lacarri\u00e8re et \u00e0 la po\u00e9sie hell\u00e9nique. Dans son \u00e9ditorial, Christophe Dauphin nous rappelle que la Gr\u00e8ce et l\u2019Arm\u00e9nie sont des terres de souffrance et de r\u00e9sistance dans lesquelles la po\u00e9sie est irrigu\u00e9e par le sang perdu.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Il arrive \u00e0 l\u2019auditeur de radio de s\u2019impatienter en \u00e9coutant l\u2019\u00e9num\u00e9ration des offices de la moindre personnalit\u00e9 : \u00ab ainsi donc, vous \u00eates diplomate, voyageur, claveciniste \u00e0 ses heures, parapentiste, cuisinier, philosophe, \u00e9crivain &amp; j\u2019en passe\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais, concernant Jacques Lacarri\u00e8re, les dresseurs de liste peineraient \u00e0 faire le tour de ses multiples talents ; \u00ab je suis pl\u00e9thorique \u00bb aimait-il \u00e0 dire. Comme l\u2019illustre encore cet excellent dossier que Les hommes sans \u00e9paules consacrent, dix ans apr\u00e8s sa mort, au po\u00e8te \u00ab porteur de feu \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sujet en outre bienvenu pour redonner de la Gr\u00e8ce une autre image que celle de mendiant de l\u2019Europe qui pr\u00e9vaut ces temps-ci. Dans l\u2019introduction, citant Lacarri\u00e8re, Christophe Dauphin rappelle que l\u2019histoire de celle-ci n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00ab qu\u2019une suite de combats pour sa lib\u00e9ration, on y retrouve tr\u00e8s souvent le po\u00e8te au milieu m\u00eame des combattants \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">S\u2019ensuit une biographie \u00e9conome et directe \u00e9crite par C\u00e9sar Bir\u00e8ne, que compl\u00e8te un floril\u00e8ge extrait du beau recueil paru en 2011 chez Seghers :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Les notices de Jacques Lacarri\u00e8re font bien entendu partie du charme de cette publication, elles sont personnelles, tir\u00e9es des rencontres et des amiti\u00e9s que ce dernier a cultiv\u00e9es. Un passage consacr\u00e9 \u00e0 Odyss\u00e9as Elytis, \u00ab le buveur de soleil \u00bb, en t\u00e9moignera pour les autres : \u00ab Au cours d\u2019un entretien que j\u2019eus avec lui apr\u00e8s sa parution, Elytis me confia qu\u2019il avait \u00e9crit ce po\u00e8me pour compenser l\u2019injustice et la non-r\u00e9compense dont le monde contemporain faisait preuve \u00e0 l\u2019\u00e9gard des souffrances de son pays. Le titre, emprunt\u00e9 \u00e0 un hymne byzantin tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre, peut se traduire par Digne ou Lou\u00e9 soit \u2014 sous-entendu : ce monde. C\u2019est un hymne \u00e0 toutes les Gr\u00e8ce, l\u2019ancienne, la byzantine, celle des guerres de l\u2019Ind\u00e9pendance et celle d\u2019aujourd\u2019hui \u2014 qui, elle, sortait \u00e0 peine de l\u2019Occupation et de la guerre civile \u2014 ainsi qu\u2019\u00e0 ses traditions, ses paysages et surtout sa langue \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jacques Lacarri\u00e8re, qui nous a quitt\u00e9s en 2005, \u00ab aventurier de l\u2019esprit et l\u2019un des meilleurs connaisseurs du monde antique et de la M\u00e9diterran\u00e9e \u00bb, rebelle pr\u00e9cieux qui s\u2019est toujours efforc\u00e9 de transmettre ce qui est, t\u00e9moigne, dans une \u0153uvre multiple, du rayonnement permanent de la Gr\u00e8ce. Les po\u00e8mes choisis pour cet hommage sont d\u2019une grande densit\u00e9, souvent charnus pour mieux souligner l\u2019esprit qui demeure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Cinabre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Soleil emprisonn\u00e9 dans les macles du soir,<\/em><br><em>blessure d\u2019o\u00f9 suinte le mercure,<\/em><br><em>tu dis l\u2019ultime cri du sang avant qu\u2019il ne se fige<\/em><br><em>la grande paix des cicatrices et la convalescence de la terre<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Dossier : Jacques LACARRIERE &amp; les po\u00e8tes grecs contemporains<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Num\u00e9ro 40<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Sommaire du num\u00e9ro<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Editorial : \u00ab\u00a0Une voix grecque dans la nuit arm\u00e9nienne\u00a0\u00bb,&nbsp;par Christophe DAUPHIN<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Porteurs de Feu : Jacques LACARRIERE, par C\u00e9sar BIR\u00c8NE, Claude Michel CLUNY, par Paul FARELLIER, Jean PEROL, Po\u00e8mes de Jacques LACARRIERE, Claude Michel CLUNY<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dossier : Jacques LACARRIERE &amp; les po\u00e8tes grecs contemporains,&nbsp;par Christophe DAUPHIN, avec des textes de Jacques LACARRIERE, Po\u00e8mes de Constantin CAVAFY, Angh\u00e9los SIKELIANOS, Georges SEFERIS, Andr\u00e9as EMBIRIKOS, Yannis RITSOS, Odyss\u00e9as ELYTIS, Nanos VALAORITIS, Aris ALEXANDROU, Dimitri CHRISTODOULOU, Titos PATRIKIOS<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Revue de presse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lectures<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Il arrive \u00e0 l\u2019auditeur de radio de s\u2019impatienter en \u00e9coutant l\u2019\u00e9num\u00e9ration des offices de la moindre personnalit\u00e9 : \u00ab ainsi donc, vous \u00eates diplomate, voyageur, claveciniste \u00e0 ses heures, parapentiste, cuisinier, philosophe, \u00e9crivain &amp; j\u2019en passe\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais, concernant Jacques Lacarri\u00e8re, les dresseurs de liste peineraient \u00e0 faire le tour de ses multiples talents ; \u00ab je suis pl\u00e9thorique \u00bb aimait-il \u00e0 dire. Comme l\u2019illustre encore cet excellent dossier que Les hommes sans \u00e9paules consacrent, dix ans apr\u00e8s sa mort, au po\u00e8te \u00ab porteur de feu \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sujet en outre bienvenu pour redonner de la Gr\u00e8ce une autre image que celle de mendiant de l\u2019Europe qui pr\u00e9vaut ces temps-ci. Dans l\u2019introduction, citant Lacarri\u00e8re, Christophe Dauphin rappelle que l\u2019histoire de celle-ci n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00ab qu\u2019une suite de combats pour sa lib\u00e9ration, on y retrouve tr\u00e8s souvent le po\u00e8te au milieu m\u00eame des combattants \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">S\u2019ensuit une biographie \u00e9conome et directe \u00e9crite par C\u00e9sar Bir\u00e8ne, que compl\u00e8te un floril\u00e8ge extrait du beau recueil paru en 2011 chez Seghers :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>La dormeuse<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>D\u2019apr\u00e8s une gravure de Picasso<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Tu cueilleras tout aussi bien des fleurs dans le soleil. Tes bras respireraient jusqu\u2019au z\u00e9nith le feuillage que les for\u00eats soumettent \u00e0 l\u2019espace. Ne cherche pas \u00e0 conqu\u00e9rir la pluie que supposent les toits, \u00e0 chevaucher les fleuves sur des arbres g\u00e9ants. Refl\u00e8te-toi entre deux ciels et tu conna\u00eetras l\u2019amiti\u00e9 que les astres te portent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2026&nbsp;<em>entre deux ciels, cet usage fluide et tragique \u00e0 la fois du pr\u00e9sent, du futur et du conditionnel.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais l\u2019originalit\u00e9 du dossier tient \u00e0 cette somme (posthume) de Lacarri\u00e8re sur ses contemporains grecs : un tr\u00e8s beau cadeau. Bien s\u00fbr, on croise des figures connues comme Ritsos, Seferis et Cavafy, qu\u2019il est toujours int\u00e9ressant de (re)lire sous la plume du traducteur amical qu\u2019\u00e9tait Lacarri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je m\u2019\u00e9tendrai d\u2019avantage sur les noms moins connus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par un usage tout aussi int\u00e9ressant du conditionnel, Angh\u00e9los Sik\u00e9lianos, mort en 1954, se tient \u00e0 cheval sur le profane et le sacr\u00e9, sur la terre et au sommet o\u00f9 les noms des dieux sont grav\u00e9s :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Ou j\u2019aurais pu soudain<\/em>\u2028<em>&nbsp;Devan\u00e7ant le corbeau des T\u00e9n\u00e8bres<\/em>\u2028<em>&nbsp;Haletant sur mes pas pour s\u2019emparer de moi,<\/em>\u2028<em>&nbsp;Rassembler toutes les forces vives<\/em>\u2028<em>&nbsp;Et m\u2019\u00e9lancer au-del\u00e0 des cercles \u00e9troits de l\u2019univers<\/em>\u2028<em>&nbsp;Pour chercher dans la nuit<\/em>\u2028<em>&nbsp;Mon dur destin de cr\u00e9ateur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Mais aujourd\u2019hui, je Vous le dis,<\/em>\u2028<em>&nbsp;Je veux rester \u00e0 Vos c\u00f4t\u00e9s,<\/em>\u2028<em>&nbsp;Ne plus Vous perdre un instant<\/em>\u2028<em>&nbsp;Car j\u2019ai fait de mon c\u0153ur une aire<\/em>\u2028<em>&nbsp;Pour que Vous y dansiez.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Telle parole, en ces temps de transhumanisme et d\u2019hybris g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, ne peut que consoler le sage !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voix plus int\u00e9rieure saisissant des instants, des sensations et des lumi\u00e8res en \u00e9quilibre pr\u00e9caire, que celle d\u2019And\u00e9as Embirikos, un des premiers freudiens grecs, ami de Yourcenar :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;<em>Accroissement<\/em>\u2028<em>&nbsp;Parfois il nous arrive de porter \u00e0 nos l\u00e8vres<\/em>\u2028<em>&nbsp;La main d\u2019une lumi\u00e8re aurorale<\/em>\u2028<em>&nbsp;Immobiles et bouche scell\u00e9e<\/em>\u2028<em>&nbsp;Dans le silence du paysage<\/em>\u2028<em>&nbsp;Avant que la ville bruissante de fontaines<\/em>\u2028<em>&nbsp;Ne s\u2019\u00e9veille aux cris brutaux jet\u00e9s dans le soleil<\/em>\u2028<em>&nbsp;Par les \u00e9boueurs matinaux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;<em>Nos souffrances ne furent pas inutiles<\/em>\u2028<em>&nbsp;Les voici soulevant leurs voiles et r\u00e9v\u00e9lant<\/em>\u2028<em>&nbsp;Leurs bras livides et tum\u00e9fi\u00e9s,<\/em>\u2028<em>&nbsp;Les voici s\u2019\u00e9ployant vers le c\u0153ur de la ville<\/em>\u2028<em>&nbsp;Relevant un \u00e0 un les doigts des endormis<\/em>\u2028<em>&nbsp;Comme des mages orientaux et gagnant<\/em>\u2028<em>&nbsp;Le cort\u00e8ge odorif\u00e9rant des ca\u00efques<\/em>\u2028<em>&nbsp;Tra\u00e7ant, tressant au c\u0153ur des rues<\/em>\u2028<em>&nbsp;Des espaces aussi souverains que les yeux<\/em>\u2028<em>&nbsp;D\u2019une femme \u00e9perdue de r\u00eave.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Les notices de Jacques Lacarri\u00e8re font bien entendu partie du charme de cette publication, elles sont personnelles, tir\u00e9es des rencontres et des amiti\u00e9s que ce dernier a cultiv\u00e9es. Un passage consacr\u00e9 \u00e0 Odyss\u00e9as Elytis, \u00ab le buveur de soleil \u00bb, en t\u00e9moignera pour les autres : \u00ab Au cours d\u2019un entretien que j\u2019eus avec lui apr\u00e8s sa parution, Elytis me confia qu\u2019il avait \u00e9crit ce po\u00e8me pour compenser l\u2019injustice et la non-r\u00e9compense dont le monde contemporain faisait preuve \u00e0 l\u2019\u00e9gard des souffrances de son pays. Le titre, emprunt\u00e9 \u00e0 un hymne byzantin tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre, peut se traduire par Digne ou Lou\u00e9 soit \u2014 sous-entendu : ce monde. C\u2019est un hymne \u00e0 toutes les Gr\u00e8ce, l\u2019ancienne, la byzantine, celle des guerres de l\u2019Ind\u00e9pendance et celle d\u2019aujourd\u2019hui \u2014 qui, elle, sortait \u00e0 peine de l\u2019Occupation et de la guerre civile \u2014 ainsi qu\u2019\u00e0 ses traditions, ses paysages et surtout sa langue \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai peine \u00e0 ne pas faire entendre les autres voix : celle d\u2019Aris Alexandrou, le d\u00e9sabus\u00e9 et de Dimitri Christodoulou tout en \u00ab r\u00e9sistance et vigilance \u00bb. Terminons ce frustrant tour d\u2019horizon par l\u2019humour de Nanos Valaoritis :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;<em>Ainsi donc nous sommes assi\u00e9g\u00e9s<\/em>\u2028<em>&nbsp;Et nous le sommes par qui<\/em>\u2028<em>&nbsp;Par toi et par moi, par machin-chose<\/em>\u2028<em>&nbsp;Nous sommes sans cesse assi\u00e9g\u00e9s<\/em>\u2028<em>&nbsp;Par les fronti\u00e8res, les douanes, les contr\u00f4les de passeports, Interpol, la police militaire, les tanks, le bagout, la b\u00e9tise, (\u2026)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Dr\u00f4le ? Apr\u00e8s tout, pas tant que cela.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Il serait dommage de ne pas signaler, dans ce riche num\u00e9ro, le dossier que Paul Farrelier consacre au regrett\u00e9 Claude-Michel Cluny. Jean P\u00e9rol rend hommage \u00e0 leur amiti\u00e9 \u00ab libre, souple, vive, affectueuse \u00bb. Un remarquable floril\u00e8ge montre que le fondateur de la collection \u00ab Orph\u00e9e \u00bb fut d\u2019abord un po\u00e8te :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2026&nbsp;Ce matin, est-ce pour susciter quelque regain de courage ? j\u2019ai retourn\u00e9 des travaux anciens, de ceux que je ne me suis pas r\u00e9sign\u00e9 \u00e0 vendre. Ce fut p\u00e9nible. Ce qu\u2019on a laiss\u00e9 au cours des ann\u00e9es dormir, face au mur, et que l\u2019on rend au jour, surgit comme d\u2019une tombe. Le leurre des enthousiasmes s\u2019\u00e9caille, la vie peinte \u00e0 fresque sur un mur mang\u00e9 par le salp\u00eatre. Au vrai, on se d\u00e9prend t\u00f4t de soi.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;\u2028Eric PISTOULEY (cf. \u00ab\u00a0Revue des revues\u00a0\u00bb in&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.recoursaupoeme.fr\/\">www.recoursaupoeme.fr<\/a>, novembre 2015).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp; Ce tr\u00e8s beau num\u00e9ro est consacr\u00e9 \u00e0 Jacques Lacarri\u00e8re et \u00e0 la po\u00e9sie hell\u00e9nique. Dans son \u00e9ditorial, Christophe Dauphin nous rappelle que la Gr\u00e8ce et l\u2019Arm\u00e9nie sont des terres de souffrance et de r\u00e9sistance dans lesquelles la po\u00e9sie est irrigu\u00e9e par le sang perdu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jacques Lacarri\u00e8re, qui nous a quitt\u00e9s en 2005, \u00ab aventurier de l\u2019esprit et l\u2019un des meilleurs connaisseurs du monde antique et de la M\u00e9diterran\u00e9e \u00bb, rebelle pr\u00e9cieux qui s\u2019est toujours efforc\u00e9 de transmettre ce qui est, t\u00e9moigne, dans une \u0153uvre multiple, du rayonnement permanent de la Gr\u00e8ce. Les po\u00e8mes choisis pour cet hommage sont d\u2019une grande densit\u00e9, souvent charnus pour mieux souligner l\u2019esprit qui demeure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Cinabre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Soleil emprisonn\u00e9 dans les macles du soir,<\/em><br><em>blessure d\u2019o\u00f9 suinte le mercure,<\/em><br><em>tu dis l\u2019ultime cri du sang avant qu\u2019il ne se fige<\/em><br><em>la grande paix des cicatrices et la convalescence de la terre<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous retrouverons avec grand plaisir dans le dossier l\u2019un des grands auteurs grecs du XX\u00e8me si\u00e8cle, grand ami de Nikos Kazantzakis, Angh\u00e9los Sik\u00e9lianos, dont on se rappellera le merveilleux Dithyrambe de la Rose. La po\u00e9sie grecque des derni\u00e8res d\u00e9cennies du si\u00e8cle pass\u00e9 fut particuli\u00e8rement riche comme en t\u00e9moigne Jacques Lacarri\u00e8re : \u00ab Je crois qu\u2019il est bon de pr\u00e9ciser ici que la Gr\u00e8ce, \u00e0 l\u2019inverse de la France, n\u2019a jamais connu d\u2019\u00e9coles, de mouvements, de chapelles ni de cercles po\u00e9tiques. Les po\u00e8tes grecs n\u2019ont jamais manifest\u00e9, \u00e0 quelque g\u00e9n\u00e9ration qu\u2019ils appartiennent, un besoin de communaut\u00e9 litt\u00e9raire. Tr\u00e8s vite, ces po\u00e8tes nouveaux \u2013 ou du moins dont les \u0153uvres op\u00e9r\u00e8rent une \u00e9volution sans marquer pour autant de rupture avec les po\u00e8tes ant\u00e9rieurs \u2013 vont faire po\u00e9sie \u00e0 part, si je puis dire. Je ne vais pas ici me mettre \u00e0 dresser l\u2019inventaire de leurs noms ni de leurs oeuvres car \u00e0 partir de ces ann\u00e9es 70, la po\u00e9sie se caract\u00e9rise par un foisonnement d\u2019\u0153uvres et de publications, une v\u00e9ritable explosion de revues, une multiplicit\u00e9 de personnalit\u00e9s, d\u2019individualit\u00e9s pour qui la po\u00e9sie se trouve d\u00e9sormais affranchie de toute suj\u00e9tion \u00e0 l\u2019histoire. Je dis bien : \u00e0 l\u2019histoire mais sans pour autant braver ou brader aussi la m\u00e9moire\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le choix de po\u00e8mes rassembl\u00e9s dans Les HSE d\u00e9montre que les Hell\u00e8nes n\u2019ont pas quitt\u00e9 la Gr\u00e8ce depuis des si\u00e8cles comme certains l\u2019ont avanc\u00e9 imprudemment en Gr\u00e8ce m\u00eame. L\u2019essentiel est toujours de revenir en Ithaque comme l\u2019affirme Constantin Cavafy :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Et surtout n\u2019oublies pas Ithaque.<\/em><br><em>Y parvenir est ton unique but.<\/em><br><em>Mais ne presse pas ton voyage,<\/em><br><em>Prolonge-le le plus longtemps possible<\/em><br><em>Et n\u2019atteins l\u2019\u00eele qu\u2019une fois vieux.<\/em><br><em>Riche de tous les gains de ton voyage,<\/em><br><em>Tu n\u2019auras plus besoin qu\u2019Ithaque t\u2019enrichisse.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">R\u00e9mi BOYER (in incoherism.wordpress.com, novembre 2015).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dossier : Jacques LACARRIERE &amp; les po\u00e8tes grecs contemporains \u00ab&nbsp; Ce tr\u00e8s beau num\u00e9ro est consacr\u00e9 \u00e0 Jacques Lacarri\u00e8re et \u00e0 la po\u00e9sie hell\u00e9nique. Dans son \u00e9ditorial, Christophe Dauphin nous rappelle que la Gr\u00e8ce et l\u2019Arm\u00e9nie sont des terres de souffrance et de r\u00e9sistance dans lesquelles la po\u00e9sie est irrigu\u00e9e par le sang perdu.&nbsp;\u00bb \u00ab\u00a0Il &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/2015\/05\/25\/les-hommes-sans-epaules\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Les Hommes Sans Epaules&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-1048","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-textes-sur-loeuvre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1048","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1048"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1048\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1276,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1048\/revisions\/1276"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1048"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1048"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1048"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}