{"id":1022,"date":"2014-05-25T12:19:29","date_gmt":"2014-05-25T10:19:29","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8888\/site\/?p=1020"},"modified":"2019-06-10T19:04:14","modified_gmt":"2019-06-10T17:04:14","slug":"parutions-depuis-2008-sous-legide-de-lassociation-chemins-faisant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/2014\/05\/25\/parutions-depuis-2008-sous-legide-de-lassociation-chemins-faisant\/","title":{"rendered":"Parutions depuis 2008 sous l&rsquo;\u00e9gide de l&rsquo;association Chemins faisant"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9diterran\u00e9e<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"120\" height=\"180\" src=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/bouquins.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1017\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Cet ouvrage r\u00e9unit pour la premi\u00e8re fois les r\u00e9cits des voyages d\u00e9di\u00e9s par Jacques Lacarri\u00e8re \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e : En cheminant avec H\u00e9rodote, Promenades dans la Gr\u00e8ce antique et L&rsquo;\u00c9t\u00e9 grec, ainsi qu&rsquo;une foule d&rsquo;articles peu connus sur des \u00eeles grandes ou petites comme la Cr\u00e8te, Patmos, Hydra et tant d&rsquo;autres.<br> Parution : 17 Janvier 2013<br> ISBN : 2-221-12494-4<br> Plus d&rsquo;information : Editions Bouquins \/ Robert Lafont<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Un r\u00eave \u00e9veill\u00e9, textes sur le th\u00e9\u00e2tre, \u00e9ditions Transbor\u00e9al<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"160\" height=\"248\" src=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/unreveeveille.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1246\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Textes de Jacques Lacarri\u00e8re sur la troupe du th\u00e9\u00e2tre antique de la Sorbonne, la trag\u00e9die grecque, Avignon et Jean Vilar, le festival d\u2019Avignon, le th\u00e9\u00e2tre des Balkans, l&rsquo;Op\u00e9ra.<br>\nDionysos<br>\nDieu du vin, c\u2019est vrai et donc de l\u2019ivresse. Mais aussi dieu fondateur du th\u00e9\u00e2tre. Le vin, l\u2019ivresse r\u00e9v\u00e8lent la face obscure, ignor\u00e9e de nous-m\u00eame. Le th\u00e9\u00e2tre, lui, r\u00e9v\u00e8le \u00e0 l\u2019homme sa filiation avec les grands courants, les grandes forces du monde, les dieux, le destin, l\u2019histoire et la cit\u00e9.<br>\nDionysos est le dieu des miroirs cach\u00e9s, des sorties hors du corps par transes et extases, des possessions brutales mais fertiles qui font de vous, le temps d\u2019un r\u00eave ou d\u2019une danse, l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re r\u00e9ceptacle d\u2019un dieu. Dionysos nous relie ainsi aux forces vives et assoupies de l\u2019univers, il abolit en nous le temps et, comme Icare, nous entra\u00eene au c\u0153ur d\u2019un ciel nocturne et extatique.<br>\nDionysos est un dieu qui multiplie l\u2019homme en lib\u00e9rant en lui les forces et les \u00e9lans de ses d\u00e9sirs les plus secrets avec \u00e9videmment le risque qu\u2019on encourt : extase ou perdition, s\u2019all\u00e9ger ange ou s\u2019alourdir d\u00e9mon. Mais l\u00e0, le choix n\u2019est pas dans le vin mais en vous.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Un itin\u00e9raire radieux. Entretiens, deux CD audio, \u00e9ditions ZOE<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"528\" src=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/UIR-zoe.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1247\" srcset=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/UIR-zoe.jpg 300w, https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/UIR-zoe-170x300.jpg 170w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Accompagn\u00e9 d&rsquo;un livret illustr\u00e9 de 16 pages, les 2 CD reprennent des entretiens donn\u00e9s \u00e0 la Radio Suisse Romande entre 1960 et 1992. Jacques Lacarri\u00e8re nous emm\u00e8ne en Gr\u00e8ce, en France, en Egypte et nous permet de remonter les si\u00e8cles aux sources de la culture classique et du christianisme.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">A l\u2019or\u00e9e du pays fertile, po\u00e8mes, \u00e9ditions Seghers<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"210\" height=\"306\" src=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/ALODPF.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1018\" srcset=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/ALODPF.jpg 210w, https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/ALODPF-206x300.jpg 206w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Anthologie po\u00e9tique personnelle<\/strong><br> Parution \u00e0 l\u2019occasion de la 13e \u00e9dition du Printemps des po\u00e8tes (7 au 21 mars 2011)<br> \u00ab Il n\u2019est de manque v\u00e9ritable que le vide d\u2019un monde priv\u00e9 de po\u00e9sie. \u00bb<br> Dans cette anthologie qu\u2019il avait lui-m\u00eame compos\u00e9e, Jacques Lacarri\u00e8re nous livre plus de cinquante ans de voyage dans l\u2019intimit\u00e9 de sa po\u00e9sie, une po\u00e9sie nourrie de paysages, de rencontres et de mythes.<br> \u00ab \u00catre, \u00e0 chaque mot, contemporain du premier homme : Adam des mots \u00bb : telle aurait pu \u00eatre la devise de celui qui partagea sa vie entre son amour de l\u2019\u00e9criture et sa passion des civilisations anciennes. Plus c\u00e9l\u00e8bre pour ses romans et ses r\u00e9cits de voyages, il a toutefois eu un v\u00e9ritable parcours po\u00e9tique, plus discret mais issu de rencontres d\u00e9terminantes, parmi lesquelles le surr\u00e9alisme avec Andr\u00e9 Breton, la n\u00e9gritude avec Aim\u00e9 C\u00e9saire, les grands classiques de la Gr\u00e8ce antique, avec la traduction de Sophocle ou d\u2019H\u00e9rodote ou la peinture de Giorgio de Chirico. S\u2019ajoute \u00e0 cette liste celle des voyages, des travers\u00e9es : Patmos, l\u2019archipel des Cyclades, le Mont Athos, mais aussi la France, entre campagne et ville.<br> Celui qui chemine au creux de cette anthologie le comprend aussit\u00f4t : le temp\u00e9rament nomade de son auteur imprime \u00e0 cette po\u00e9sie le caract\u00e8re de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, du fugitif. Les figures mythologiques, qu\u2019elles soient argonautes, centaures, n\u00e9r\u00e9ides ou gorgones, affluent sous la banni\u00e8re de l\u2019Imm\u00e9morial Orph\u00e9e &#8211; figure \u00e9ternelle du po\u00e8te. La contemplation des paysages, qui offre au langage ses \u00e9tats singuliers, c\u00e8de devant le r\u00e9cit \u00e9pique des batailles de l\u2019Aurige, ce conducteur de char dont on retrouva la statue \u00e0 Delphes. Le cri d\u2019Icare tombant dans la mer r\u00e9sonne comme le cri originel de tout \u00eatre humain. Cette po\u00e9sie se situe entre un monde de nature et un monde par-del\u00e0 la nature, empreint de mythe. De chaque mot, de chaque image, se d\u00e9gage une sagesse infinie, loin de la contingence des \u00e9poques, l\u00e9g\u00e8re comme le nuage et solide comme le min\u00e9ral. Car les \u00e9l\u00e9ments &#8211; eau, vent, feu, terre &#8211; sont partout pr\u00e9sents, seules forces \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du temps. Ces po\u00e8mes apparaissent donc, selon les termes de l\u2019auteur lui-m\u00eame, \u00ab bucoliques, agraires, forestiers, telluriques, a\u00e9riens, n\u00e9buleux ou c\u00e9r\u00e9aliers. \u00bb Ils font parvenir jusqu\u2019\u00e0 nous la voix tout \u00e0 fait singuli\u00e8re d\u2019un bel esprit, g\u00e9n\u00e9reux et contemplatif.<br> Paris, Seghers Laffont, 2011<br> EXTRAITS<\/p>\n\n\n\n<p>Ab\u00e9c\u00e9daire de la terre<\/p>\n\n\n\n<p>Annonciatrice des aubes et des astres<br>\nBerceau de nos balbutiements<br>\nColombier des humaines colombes<br>\nDonatrices des d\u00e9lectations<br>\n\u00c9crin de nos enchantements<br>\nFloril\u00e8ges des floraisons<br>\nG\u00e9ante o\u00f9 gazouille le monde<br>\nH\u00e9ro\u00efne de l\u2019histoire des herbes<br>\nInfante de l\u2019immensit\u00e9<br>\nJardini\u00e8re des joies et des jours<br>\nKermesse des kobolds<br>\nL\u00e9gendaire des loups et des lions<br>\nMatrice et m\u00e9moire du monde<br>\nNourrice des nids et des nues<br>\nPl\u00e9nitude des pastoureaux<br>\nQuintessence des autres \u00e9l\u00e9ments<br>\nRoyaume de toute renaissance<br>\nSemeuse de savoirs et de saveurs<br>\nTr\u00e9sors o\u00f9 s\u2019enrichit le Temps<br>\nUnisson de tous les univers<br>\nVentre et veilleuse des victoires<br>\nla Terre<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9crit en mer \u00c9g\u00e9e, entre Ios et Siphnos<\/p>\n\n\n\n<p>Au plus pr\u00e8s de la \u201cmer \u00e9cumeuse\u201c d\u2019Hom\u00e8re,<br>\nau plus pr\u00e8s de cette v\u00e9rit\u00e9 bleue<br>\nqui tremble \u00e0 l\u2019heure du po\u00e8me,<br>\nau plus pr\u00e8s de la vague offerte en chacun de ses creux,<br>\nau plus pr\u00e8s du fragile avenir de l\u2019\u00e9cume,<br>\nau plus pr\u00e8s de l\u2019oiseau \u00e0 la crois\u00e9e des vents,<br>\nau plus pr\u00e8s du rivage o\u00f9 veille une chapelle<br>\nj\u2019ai regard\u00e9 les \u00eeles, grenades \u00e9miett\u00e9es aux noces de la mer,<br>\nj\u2019ai per\u00e7u leur cri de chaux vive et de sel,<br>\nhum\u00e9 leurs ic\u00f4nes d\u2019odeur et les bouquets s\u00e9ch\u00e9s de leur lumi\u00e8re.<br>\nIci le filet du p\u00eacheur dialogue chaque jour<br>\navec la libert\u00e9 des vagues,<br>\nchaque jour le soleil recommence<br>\nles jeux savants des mouettes et de l\u2019azur,<br>\net ici, chaque jour, \u00e0 mi-chemin des ombres et du r\u00e9el<br>\ncorps \u00e9ploy\u00e9 dans la l\u00e9gende,<br>\nvient r\u00eaver<br>\nune n\u00e9r\u00e9ide.<\/p>\n\n\n\n<p>Portrait d\u2019un hirsute<br>\nUn profil de m\u00e9nag\u00e8re et une sensibilit\u00e9 d\u2019ob\u00e9lisque, il n\u2019en fallait pas plus pour qu\u2019il devient impossible \u00e0 vivre. Il avait \u00e9t\u00e9 ramoneur puis professeur au Mus\u00e9um d\u2019histoire naturelle. Il y avait acquis cette habitude d\u00e9plorable de se croire une g\u00e9ologie en marche. Aussi ne bougeait-il jamais. Il ne se lavait jamais non plus. Il est mort un jour, d\u2019\u00e9rosion.<br>\n1949<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame parti tr\u00e8s loin, je ne sais<br>\nQuel est le plus r\u00e9el, de ma m\u00e9moire ou de mes routes<br>\nQuel est le vent qui pousse ce bateau,<br>\nQuelle est la mer qui pousse ces oiseaux.<br>\nJe suis arriv\u00e9 pr\u00e8s de lagunes ocr\u00e9es<br>\nO\u00f9 la patience des sauriens ruminait<br>\nLe long enfantement de l\u2019homme.<br>\nAinsi de toi, lointaine, jusqu\u2019\u00e0 moi :<br>\nTa main est ce serpent lacustre dont le sommeil<br>\nM\u2019attend au bout des m\u00e9moires du monde.<br>\n1950<\/p>\n\n\n\n<p>Incertitudes<br>\nJe ne sais pas pourquoi le Zodiaque est si haut<br>\nNi pourquoi les nuages sans cesse recommencent<br>\nPourquoi l\u2019\u00e9clair ne dure, pourquoi les soleils meurent<br>\nJe ne sais pas pourquoi le vent est sans m\u00e9moire.<br>\nMille ans suffiraient-ils pour pouvoir \u00e9puiser<br>\nLa raison d\u2019un seul jour<br>\nEt mille autres pour enfin d\u00e9chiffrer les runes inviol\u00e9es de la nuit ?<br>\nDemeure, malgr\u00e9 tout, la fid\u00e9lit\u00e9 du printemps,<br>\nDemeurent l\u2019\u00e9l\u00e9vation et la ponctualit\u00e9 des s\u00e8ves<br>\nDemeurent au loin les milles chuchotis de la mer<br>\nDemeure \u00e0 mes oreilles le chant muet des coquillages.<br>\nJe ne sais pas pourquoi le vent est sans m\u00e9moire<br>\nJe ne sais pas pourquoi les taupes sont aveugles<br>\nJe ne sais pas pourquoi les saules se lamentent<br>\nJe ne sais pas pourquoi l\u2019herbe n\u2019a pas d\u2019histoire.<br>\nMille ans suffiraient-ils pour nous faire d\u00e9couvrir<br>\nle pacte des herbes et du vent<br>\nEt mille autres pour \u00e9lucider<br>\nl\u2019\u0153il iris\u00e9 des libellules ?<br>\nDemeure, inexorables, le foisonnement des fourmis<br>\nDemeure, in\u00e9gal\u00e9e, la diligence des abeilles<br>\nDemeure, inexpliqu\u00e9, le mutisme des cicind\u00e8les,<br>\nDemeure, indiscut\u00e9, le verbiage des Kinkajous.<br>\nJe ne sais pas pourquoi le vent est sans m\u00e9moire<br>\nJe ne sais pas pourquoi la foudre devient cendre<br>\nJe ne sais pas pourquoi l\u2019oiseau n\u2019a que deux ailes<br>\nJe ne sais pas pourquoi la rose est sans pourquoi.<\/p>\n\n\n\n<p>Octobre au bord des flammes<br>\nAntiphonaires des saisons, les v\u00eapres<br>\ntombent sur la ville avec un bruit de voix mouill\u00e9es.<br>\nL\u00e0-bas, ce r\u00e9pons d\u2019\u00e2mes<br>\ncette cantil\u00e8ne des nuages<br>\net le cri de l\u2019ange l\u00e0-haut<br>\nd\u00e9roulant la grande nappe des pri\u00e8res<br>\nsur l\u2019incendie, sur l\u2019agonie de la lumi\u00e8re.<br>\n1950<\/p>\n\n\n\n<p>Cyclades<br>\nIci, le temps se mesure au comptant, au content du soleil. C\u2019est pourquoi chaque coupole, chaque chapelle filtrent les fl\u00e8ches du z\u00e9nith, clepsydres des lumi\u00e8res.<br>\nRuelles des Cyclades : lignes de partage du jour et de la nuit sur le cr\u00eat de l\u2019Immacul\u00e9 comme une eau ruisselant vers le levant ou le ponant des songes.<br>\nAr\u00eates vives comme le tranchant d\u2019un glaive entre fini et infini. Comme l\u2019\u00e9p\u00e9e de l\u2019Ange entre innocence et faute. Ar\u00eates vives comme une fronti\u00e8re rectiligne, embras\u00e9e, parall\u00e8le \u00e0 notre destin.<br>\nEn ces jeux de lumi\u00e8re et d\u2019ombres cycladiques, en ce damier aust\u00e8re, on retrouve la trace des vieilles g\u00e9om\u00e9tries qu\u2019Euclide, Thal\u00e8s et Pythagore ont tour \u00e0 tour inscrites dans le blanc du ciel grec. \u00c9pures de midi. Lignes, droites, angles, ar\u00eates, trigones et triangles du ciel que le soleil docile reproduit sur le cadran des \u00eeles. C\u2019est l\u00e0, juste \u00e0 la bissectrice des solstices que son tranchant s\u00e9pare la M\u00e9moire. Et il met d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les grands cypr\u00e8s orphiques, de l\u2019autre le marbre euclidien du z\u00e9nith.<br>\nJ\u2019ai regard\u00e9 les \u00eeles, grenades \u00e9miett\u00e9es aux noces de la mer, j\u2019ai per\u00e7u leur cri de chaux vive et de sel, hum\u00e9 leurs ic\u00f4nes d\u2019odeur et les bouquets s\u00e9ch\u00e9s de la lumi\u00e8re.<br>\nL\u00e0, juste l\u00e0, cette arche d\u2019ombre fich\u00e9e sur l\u2019\u00e9pingle embras\u00e9e du soleil.<br>\nIl y a dans la tradition mystique de la Gr\u00e8ce un mot qui d\u00e9signe les asc\u00e8tes les plus ardents, les plus acharn\u00e9s \u00e0 demeurer dans le d\u00e9sert aux franges des br\u00fblures, et ce mot, c\u2019est nepsis qui veut dire sobri\u00e9t\u00e9. On nomme pr\u00e9cis\u00e9ment neptiques les ermites les plus extr\u00eames en leur asc\u00e8se. Ivresse neptique du mur Eg\u00e9en, fou de soleil, \u00e9perdu de lumi\u00e8re. Ivresse neptique des voiles cycladiques sur l\u2019\u00e9cume. Car il n\u2019est autre ivresse que celle de l\u2019homme sobre devant l\u2019ar\u00eate immacul\u00e9e de ses d\u00e9sirs.<br>\nNeptiques sont ces murs, ces terrasses, ces coupoles, ces marches \u00e9tincelantes, d\u00e9nud\u00e9es de lumi\u00e8re. Neptiques puisqu\u2019un peu de chaux leur suffit pour affronter l\u2019infini bleu du ciel.<br>\nLumi\u00e8re jans\u00e9niste de la chaux, ombres dionysiaques, couleurs avivant les seuils, les portes, les fen\u00eatres. Des unes aux autres, vent dorien et soleil ionien, le contraste d\u2019un isthme infime. O\u00f9 la m\u00e9moire a su nimber d\u2019ocelles le derme \u00e9cru des murs.<br>\nAu cadran solaire des escales, les m\u00e2ts sont aiguilles des vents, les coques alc\u00f4ves des temp\u00eates. Mais l\u00e0, souviens-t\u2019en bien, en ce port calme et bleu, juste apr\u00e8s le r\u00e9veil des gorgones et des proues, tu vis pour la premi\u00e8re fois bouger l\u2019ombre des heures.<br>\n1980<\/p>\n\n\n\n<p>Yggdrasil *<br>\nJe suis n\u00e9 d\u2019un songe de la terre r\u00eavant qu\u2019elle s\u2019unissait au ciel.<br>\nJ\u2019ai grandi dans l\u2019ombre inqui\u00e8te de racines toujours assoiff\u00e9es d\u2019obscur.<br>\nEt j\u2019ai fleuri dans l\u2019all\u00e9gresse de la s\u00e8ve et l\u2019offertoire des frondaisons.<br>\nJe suis l\u2019axe du monde, vivant d\u00e9fi des temps carbonif\u00e8res. L\u2019alliance de l\u2019ombre et de l\u2019\u00e9clair, le tremplin des orages, l\u2019esprit des sources et des souffles.<br>\nJe suis le sommeil et l\u2019\u00e9veil, le silence et la symphonie.<br>\nJe suis l\u2019oratoire des astres, et mes feuillages s\u2019impatientent des apocalypses \u00e0 venir.<br>\nJ\u2019abrite en mes branches l\u2019aspic et l\u2019alouette, l\u2019ogre et l\u2019oc\u00e9anide, le singe et la sylphide, le ver et la vestale.<br>\nJ\u2019abrite l\u2019hier des fauves, les pr\u00e9sent des oiseaux et le demain des hommes.<br>\nJ\u2019abrite le nid des anges et les couv\u00e9es du ciel.<br>\nJe suis l\u2019axe du monde.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Yggdrasil est le nom donn\u00e9 par les anciens Germains au Fr\u00eane cosmique qui reliait le ciel et la terre. Il abritait en ses racines les divinit\u00e9s du destin, en ses branches toute l\u2019humanit\u00e9 et en son sommeil le palais des dieux.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Cappadoce, la vall\u00e9e des f\u00e9es, portfolio, textes et photos de Jacques Lacarri\u00e8re, Chemins faisant\/Les Faux Papiers<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"567\" height=\"426\" src=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Cappadoce_lg.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1019\" srcset=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Cappadoce_lg.jpg 567w, https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Cappadoce_lg-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Photographies in\u00e9dites<br>\nIntroduction de Gil Jouanard<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Dans la for\u00eat des songes, dernier livre de J.L. paru en octobre 2005, Nil \u00e9ditions<\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Dans-la-foret-des-songes.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1020\" width=\"224\" height=\"363\" srcset=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Dans-la-foret-des-songes.jpg 400w, https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/Dans-la-foret-des-songes-185x300.jpg 185w\" sizes=\"auto, (max-width: 224px) 100vw, 224px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le dernier livre de Jacques Lacarri\u00e8re se passait\u2026 \u00ab\u00a0Dans la for\u00eat des songes\u00a0\u00bb\u2026<br>\n\u00a0\u00bb Bien que n\u00e9 sous le signe du Sagittaire, je n&rsquo;ai jamais jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour enfourch\u00e9 le moindre cheval ni rev\u00eatu la moindre armure pour d\u00e9fier en tournoi singulier quelque insolent rival. Si gente dame il m&rsquo;est arriv\u00e9 dans ma vie de conqu\u00e9rir de haute lutte, ce fut toujours sans cheval ni armure, ni pourfendeuse lance. Voil\u00e0 qui devrait m&rsquo;interdire ou du moins me d\u00e9courager de me lancer en une \u00e9poque comme la n\u00f4tre dans l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;un r\u00e9cit ou un roman de chevalerie. Je m&rsquo;y hasarde cependant en pr\u00e9cisant seulement que pour les raisons susdites, on ne trouvera dans ce livre ni cheval ni armure ni haume ni \u00e9p\u00e9e ni tournoi ni non plus d&rsquo;insolent rival. Par contre, on y verra des vierges sages et d&rsquo;autres folles, des monstres singuliers et des aventuriers, des grands veneurs et des stylites et m\u00eame des hermaphrodites. Il y aura aussi des mandragores, des demoiselles de Numidie, peut-\u00eatre m\u00eame des t\u00e9tras lyre et, sans doute, des arbres qui parlent. Et, enfin et surtout, une for\u00eat, une vraie for\u00eat qui s&rsquo;\u00e9tale, frissonne et murmure \u00e0 deux pas de mon village et qu&rsquo;on nomme For\u00eat d&rsquo;Orient.<br>\nC&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e de cette for\u00eat qu&rsquo;Ancelot &#8211; chevalier sans cheval, paladin sans armure, p\u00e8lerin sans \u00e9quipage &#8211; rencontre Thoustra, un perroquet ara, curieux de tout et l\u00e9g\u00e8rement dyslexique, avec lequel il va cheminer et croiser des \u00eatres, figures, fant\u00f4mes ou personnages surgis de diff\u00e9rentes \u00e9poques : un stylite sur sa colonne, une grue cendr\u00e9e et b\u00e8gue, le Grand Veneur d&rsquo;une chasse fantastique, une ondine nymphomane, un androgyne transsexuel, une m\u00e8re porteuse et vierge, et bien d&rsquo;autres encore.<br>\nUne fable qui r\u00e9invente les chemins des chevaliers d&rsquo;antan pour les situer au coeur du monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<br>\nParis, Nil \u00e9ditions, octobre 2005.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9diterran\u00e9e Cet ouvrage r\u00e9unit pour la premi\u00e8re fois les r\u00e9cits des voyages d\u00e9di\u00e9s par Jacques Lacarri\u00e8re \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e : En cheminant avec H\u00e9rodote, Promenades dans la Gr\u00e8ce antique et L&rsquo;\u00c9t\u00e9 grec, ainsi qu&rsquo;une foule d&rsquo;articles peu connus sur des \u00eeles grandes ou petites comme la Cr\u00e8te, Patmos, Hydra et tant d&rsquo;autres. Parution : 17 &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/2014\/05\/25\/parutions-depuis-2008-sous-legide-de-lassociation-chemins-faisant\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Parutions depuis 2008 sous l&rsquo;\u00e9gide de l&rsquo;association Chemins faisant&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-1022","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-parutions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1022","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1022"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1022\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1248,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1022\/revisions\/1248"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1022"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1022"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cheminsfaisant.org\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1022"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}